« Mais tu vas la ranger, cette chambre ! »

Quand j’étais petite, j’étais « dans la lune ».

J’oubliais mes affaires dans le casier du bureau le soir, et mon père était très souvent obligé d’aller les chercher pour moi pour que je puisse faire mes devoirs correctement . J’avais de la chance d’avoir un papa qui travaille à la commune, il connaissait mes maîtresses et avait les clés de l’école :’). En général on supportait, parce que j’étais bonne élève et très calme voire passive, même si je me faisais souvent réprimander.

Le dit casier était souvent en foutoir, mais je comprenais pas comment, parce que je faisais de mon mieux pour ranger. Alors quand on me le reprochait, je répondais que je savais pas pourquoi c’était comme ça. Mes parents ou mes maîtresses, ça les faisait rire, mais moi, j’étais réellement perturbée à ce propos ! Le rangement demeurait un vrai mystère pour moi !

Alors évidemment, dans ma chambre, c’était la même chose, et ma mère avait beau insister, je refusais constamment de la ranger. Pas par paresse (pas principalement en tout cas), simplement parce que je ne savais vraiment pas comment faire !

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– Qui a mis le bazar dans ta chambre ? disait un de mes parents, ou mes grandes soeurs

– Eyenne ! (les hyènes) je répondais fièrement. Il faut savoir que j’avais une obsession sur le Roi Lion quand j’avais 5 ou 6 ans, et visiblement j’étais déjà très forte pour trouver des coupables quand j’avais un problème.

Alors au bout d’un moment, elle en avait marre et elle rangeait elle-même, et puis je râlait parce que je ne retrouvais plus mes affaires (comme si ranger y changeait quelque chose, je perdais tout, chambre rangée ou pas).

Je crois que la première fois que j’ai rangé ma chambre seule, j’avais entre 12 et 14 ans. L’âge ou on veut pas que maman fouille dans nos affaires, en gros.

Encore maintenant, c’est une tâche assez difficile. Je ne sais pas où vont les choses, et surtout : PAR OU COMMENCER ? Très souvent, je finis debout, au milieu de ma chambre, à regarder le bazar avec de grands yeux et à ne pas savoir quoi faire. Alors je remet toujours la tâche à plus tard, parce que ça me fatigue, m’ennuie et m’énerve, et j’attend que la situation soit catastrophique pour m’y mettre. Sûrement pas la meilleure idée. En plus, je déteste jeter, alors j’ai pleins de petites choses inutiles qui se balladent mais qui ont une valeur sentimentale pour moi. Une fois par an, il faut carrément sortir le sac poubelle.

Evidemment depuis le temps, j’ai quand même trouvé des techniques ;

  • LES ETAPES. Les étapes, c’est magique. C’est justement ce qu’il manque dans la tête des dyspraxiques à cause du troubles des fonctions exécutives (oui j’aime bien les grands mots scientifiques). Pour faire court, le trouble des fonctions exécutives, ça veut dire que quand on a une grande tâche à faire on a du mal à la diviser en petites étapes. Donc l’idée ici, c’est de diviser la chambre en petites parties pour savoir par où commencer. Je fais ça par zones, personnellement, il y a zone « bureau » avec les étagères et tous mes livres, la zone « autour du lit » (oui oui) qui se retrouve généralement noyée sous les bouquins parce que je les replace pas où il faut le soir, la zone « armoire » avec le sol autour (le fameux tas de vêtements), la zone télé/chaîne hifi/cds…. Etc, etc. Bon, des fois je me retrouve quand même perdue une fois la zone choisie (surtout avec mes tas de vêtements géants !) ou alors je retrouve un livre que j’avais perdu et j’oublie ce que j’étais en train de faire… Mais globalement ça marche bien. 
  • C’est une technique qui peut être réadaptée pour les enfants. « Range ça », je pense que pour un enfant dyspraxique, c’est bien trop vague. Le mieux doit être de ranger avec eux en détaillant toutes les petites étapes, « d’abord je range les playmobils dans la boîte » « ensuite je met la boîte dans l’armoire », ce genre de choses. Et s’ils sont assez grand, on peut en faire une liste manuscrite à scotcher sur la porte !
  • On m’a conseillée de mettre des étiquettes sur les tiroirs ou les boîtes, pour se souvenir où vont les choses et pour qu’elles aient un endroit précis. Je l’ai fait pour le tiroir de mon bureau, sinon ça finissait toujours tout mélangé…
  • Pour ceux qui comme moi gardent tout, un grand ménage tous les 6 mois où tous les ans peut se révéler assez utile (et on retrouve des choses qu’on avait perdues des fois !). Avec tri des vêtements (je garde même les trucs qui me vont plus des fois, au bout d’un moment faut arrêter…)
  • Essayer de penser à vider la poubelle régulièrement. Ça parait idiot là, mais je dis ça parce que moi j’oublie tout le temps, et après je me retrouve avec des papiers qui débordent et une énorme collection de canettes de coca vides sur mon bureau… Ça fait désordre quand des amis viennent (je suis peut-être plus à ça prêt remarque).
  • J’ai pas de draps dans mon lit, je sais jamais comment les mettre et ils finissent tout le temps dans tous les sens le lendemain. Matelas + couette (avec une housse, assez horrible à mettre d’ailleurs) c’est suffisant.
  • J’ai lu sur un blog pour les hyperactifs qu’on peut aussi garder une boîte « fourre-tout » pour mettre les choses qui traînent jusqu’à ce qu’on sache où elle vont/qu’on aie le temps de ranger. Ça évite au moins d’avoir des trucs qui traînent partout ou sur le sol, je le fais des fois quand je veux juste passer l’aspirateur.

Tout ça, ça limite bien les dégâts . Après soyons honnêtes, je suis loin d’être un exemple de chambre bien propre et bien rangée. Surtout quand je passe des jours à remettre le rangement au lendemain !

Bon, et tout ça c’est que la chambre.

Je vais sûrement partir de la maison à la rentrée prochaine, j’espère que ces techniques sont applicables à un appartement entier :p surtout que je vivrais avec ma copine, et elle aime moins le désordre…

… C’était censé être un article sur l’organisation en général, mais il y a tellement à faire dans une chambre que je me suis étendue sur le sujet… Le reste ira dans un prochain article vu que je suis assez catastrophique dans ce domaine aussi.

Mais je me soigne, comme on dit !

bordelique

(source de l’image : http://morganemartinblog.free.fr/)

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