Caged in Chaos : A Dyspraxic guide to breaking free

Littéralement, « en cage dans le chaos ». Oui oui, ça fait très moche comme ça. « Enfermé dans le chaos ».

« A dyspraxic guide to breaking free » => Un guide dyspraxique pour se libérer. (et en passant, je ris là, parce que j’étais en train d’écouter « I want to break free » de Queen.)

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Je présente ce livre parce que je trouve dommage qu’il ne soit pas traduit en français, c’est le meilleur livre sur la dyspraxie que j’ai pu lire. Et puis Victoria Biggs, l’auteur, mérite qu’on parle d’elle aussi. Elle a écrit le livre quand elle avait seize ans, et elle est dyspraxique (je crois qu’elle a aussi le syndrome d’aspergers). Elle parle directement aux ados de son âge et tous les sujets sont abordés, ça m’a vraiment aidée quand je venais d’être diagnostiquée (et comme ça j’ai progressé en anglais en passant, parce que j’étais encore au lycée, c’était pas aussi facile qu’après deux ans en fac d’anglais !) Bravo à elle :), elle est comme moi en plus, des facilités en lettres et une catastrophe en maths.. Lire ce livre, c’est passer son temps à faire « MAIS C’EST COMME MOI !! » toutes les trois pages.

Bien sûr elle écrit aussi pour les proches et parents, afin que les lecteurs puissent faire passer le livre autour d’eux ! Il y a également des témoignages de jeunes dyspraxiques inclus tout au long du livre.

Alors évidemment je risque d’avoir du mal à traduire le livre comme ça, mais le ton est humoristique et léger et je vais essayer de retrouver des petits passages qui m’ont plu.

Au moins, une petite vision des sujets abordés :

  • La vie à la maison

C’est un chapitre qui a beaucoup beaucoup inspiré mes techniques de rangement, et certaines doivent se retrouver dans l’article à ce sujet ! Mais il y aussi d’autres choses très utiles pour faire de la maison un endroit « dyspraxic-friendly » : des stratégies pour les problèmes d’hypersensibilité (couper les etiquettes des vêtements, garder des boules quiès sous la main quand on sort, s’entourer de textures agréables..), un passage sur les troubles du sommeil et comment s’endormir plus facilement (les choses habituelles, pas d’ordi ou de télé avant de dormir, mettre des routines en place, écouter de la musique douce..) et enfin des stratégies pour la maison. Je réalise que même si ça fait longtemps que je n’ai pas lu le livre il y a pleins de choses citées qui sont devenues des habitudes pour moi..

  • guide de survie pour l’école/collège/lycée (voire l’université)

« Mon premier jour au collège. Terrible. Je n’arrivais pas à retrouver mes salles de classes et j’étais en retard pour tous les cours. On s’est moqué de moi et j’ai perdu mon sac. J’avais aussi des problèmes pour savoir l’heure, alors je ne savais pas si j’étais en retard ou pas. J’ai été harcelée pas mal de fois par des fauteurs de troubles et certains professeurs étaient méchants à cause de ma façon d’être. Ils ne me comprenaient pas. «  Abby, 19 ans

Juste un petit exemple de témoignage (qui ne rappelle pas de très bon souvenirs, hah). Le collège, on s’y perd, surtout si on est dyspraxique. Je crois que c’est là que j’ai commencé à faire des crises d’anxiété, et j’avais même pas de problèmes de harcèlement encore (ça a vraiment démarré en 5ème), mais les professeurs me terrorisaient et puis c’était trop grand et trop angoissant..

Ce chapitre comprends un peu tout ce dont un dyspraxique a besoin pour se sentir mieux à l’école, comme donner une liste de ce dont ils ont besoin aux profs, demander un plan du collège (avec des photos si nécessaire), faire une liste à cocher avec tout le matériel (trousse, stylo, etc). Il y a aussi des petites choses sur le matériel (une trousse transparente, pour savoir tout de suite s’il manque quelque chose, et garder une liste du contenu dans son sac pour vérifier)

Ensuite il y a ce magnifique passage destiné aux professeurs de sport, pour les aider à faire de leur classe un environnement meilleur pour les dys. Amen. (honnêtement, je le garde de côté celui là. Pour le traduire en entier.)

On passe par à peu près toutes les matières, comme les maths (!!!), les sciences (et les joies des TD de physique où il faut manipuler pleins de choses sans les casser.).

Et encore, quelques pages destinées aux professeurs (que je vais garder de côté aussi !)

Enfin, Victoria cite Winston Churchill : If you’re going through hellkeep going. (Si tu traverses un enfer, continues d’avancer.). D’ailleurs, saviez-vous que Winston Churchill présentait des difficultés de dyspraxique et de dyslexique ? Et Einstein ne savait pas faire ses lacets 😉

  • les examens/techniques de révision (très très utile quand je passais mon bac)

Donc bien sûr des techniques et astuces pour réviser : fiches, dictaphones, schémas.. Et même, pour les grands lecteurs, lire des livres sur le sujet. Je me souviens avoir brillé en cours d’histoire sur la révolution française en Seconde, grâce à ma fascination pour Marie- Antoinette et les livres dévorés. Victoria conseille même d’écrire des histoires sur le sujet pour ceux qui aiment bien ça, et je confirme, ma petite BD sur la guerre d’Indépendance, l’année dernière, m’avait beaucoup aidée ! Toutes mes connaissances sur l’époque Victorienne au lycée venaient de livres aussi.. L’histoire est bien plus facile à retenir comme ça ! J’aime bien voir ça comme un grand livre, ou une série télé. J’ai toujours un problème avec les dates par contre. Je connais pleins de choses, mais pas les dates. J’ai juste réussi à toutes les savoir par coeur l’année dernière en y passant un mois, et en faisant une frise.

  • les habiletés sociales

« Vivre avec le handicap caché peut donner le sentiment d’être un pingouin au milieu du désert d’Arabie Saoudite. Pas du tout à sa place. »

Ce qu’il faut dire, ce qu’il ne faut pas dire (certains d’entre nous on des problèmes de franchise :)), et de l’aide pour lire le langage non-verbal, puisque ça peut se révéler assez compliqué (on a un tas de mots, pourquoi on se contente pas de ceux là ??)

« Peut être qu’il faut changer un petit peu notre comportement, mais ne changes jamais ta personnalité entière juste pour t’intégrer. Si tu fais ça, tu ne pourras plus te supporter toi-même. »

« Sois toi-même. Je sais que ce n’est pas très original. Comment peut-on juste « être nous-même » quand les autres n’aiment pas cette personne que l’on est ? Mais tu n’es probablement pas comme ton « vrai toi » dans des situations ou tu te sens vulnérable et bizarre. Et puis, il faut que tu comprennes que tu n’es pas un idiot ou un cinglé ou je ne sais quels noms on a pu te donner. Sois plus indulgent avec toi-même avant d’essayer de te rapprocher des autres. »

  • les relations amoureuses à l’adolescence, dans un chapitre qui s’appelle « Rouge comme une tomate ».

Victoria a demandé beaucoup de conseils à ses amis neurotypiques pour ce chapitre là.. Les conseils pour aborder une personne, toutes ces petites choses qui sont plutôt importantes à 16 ans !

  • Le harcèlement scolaire (important !)

Ayant été harcelée, c’était bien mon chapitre préféré à l’époque. Il montre aux dyspraxiques qu’ils ne sont pas les seuls à avoir subis de telles choses, beaucoup d’expériences personnelles. Comment savoir si on est harcelés, comment s’en sortir, et surtout, EN PARLER ! Il y a même des choses sur les professeurs qui y participent, parce que, ne nous voilons pas la face, ça arrive. Mon prof de maths prenait un grand plaisir à m’humilier à chacun des cours et à trouver une excuse pour pouvoir me faire des remarques assassines devant toute la classe (parce qu’être maltraitée par les autres élèves c’était pas assez).

Et il y a même des conseils pour celui qui harcèle, pour pouvoir arrêter. Certains de ces enfants finissent par se rendre compte du mal qu’ils font mais se sentent « forcés » d’une certaine manière. Je sais que j’ai pas été tendre avec certaines personnes, parce que si je me moquais pas d’elles, ça tomberait sur moi, et je trouvais ça injuste que je sois la seule à subir ça, alors je me vengeais sur les mauvaises personnes (et en même temps, je me sentais super coupable après.)

Enfin, des conseils pour les professeurs, parents, adultes.

Je pense faire un article à ce sujet dans le futur.

  • Grandir

Prendre son autonomie, se raser, se maquiller, l’hygiène plus poussée qui vient en grandissant, gérer sa colère (on devient encore plus sensible à l’adolescence !) ou l’estime de soi encore trop basse.

  • Les derniers chapitres parlent de diagnostics et de pas mal d’institutions, du coup pour la France ça ne marche pas trop.. Il y a aussi des choses sur le travail (le choix, la recherche) et de manière générale c’est assez positif. Etre dyspraxique n’est pas qu’une fatalité, on a aussi des talents à revendre 🙂

C’est le très très bon côté de ce livre, c’est que c’est très positif. Si on donne à un dyspraxique l’environnement correct, il brillera ! C’est bien ce que Victoria m’a appris et je tenais à vous présenter cette demoiselle et son ouvrage.

Maintenant… Si un traducteur lit ça.. Aidez-moi ! Ce serait tellement bien d’avoir une version française !

C’est pas que je ne veux pas m’en charger, mais avec un DEUG d’anglais je vais pas aller bien loin comparé à un vrai traducteur :’) (et puis j’ai juste deux articles de journalisme et des biographies à écrire pendant les deux semaines qui viennent, et après les partiels… d’où le retard d’article :’))

J’aimerai beaucoup pouvoir faire lire ce livre à mon entourage, mais il y a très peu d’anglophones dans ma famille, du coup voilà… Et de manière plus large, il mérite tellement d’être plus connu, ce petit guide !

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« Mais tu vas la ranger, cette chambre ! »

Quand j’étais petite, j’étais « dans la lune ».

J’oubliais mes affaires dans le casier du bureau le soir, et mon père était très souvent obligé d’aller les chercher pour moi pour que je puisse faire mes devoirs correctement . J’avais de la chance d’avoir un papa qui travaille à la commune, il connaissait mes maîtresses et avait les clés de l’école :’). En général on supportait, parce que j’étais bonne élève et très calme voire passive, même si je me faisais souvent réprimander.

Le dit casier était souvent en foutoir, mais je comprenais pas comment, parce que je faisais de mon mieux pour ranger. Alors quand on me le reprochait, je répondais que je savais pas pourquoi c’était comme ça. Mes parents ou mes maîtresses, ça les faisait rire, mais moi, j’étais réellement perturbée à ce propos ! Le rangement demeurait un vrai mystère pour moi !

Alors évidemment, dans ma chambre, c’était la même chose, et ma mère avait beau insister, je refusais constamment de la ranger. Pas par paresse (pas principalement en tout cas), simplement parce que je ne savais vraiment pas comment faire !

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– Qui a mis le bazar dans ta chambre ? disait un de mes parents, ou mes grandes soeurs

– Eyenne ! (les hyènes) je répondais fièrement. Il faut savoir que j’avais une obsession sur le Roi Lion quand j’avais 5 ou 6 ans, et visiblement j’étais déjà très forte pour trouver des coupables quand j’avais un problème.

Alors au bout d’un moment, elle en avait marre et elle rangeait elle-même, et puis je râlait parce que je ne retrouvais plus mes affaires (comme si ranger y changeait quelque chose, je perdais tout, chambre rangée ou pas).

Je crois que la première fois que j’ai rangé ma chambre seule, j’avais entre 12 et 14 ans. L’âge ou on veut pas que maman fouille dans nos affaires, en gros.

Encore maintenant, c’est une tâche assez difficile. Je ne sais pas où vont les choses, et surtout : PAR OU COMMENCER ? Très souvent, je finis debout, au milieu de ma chambre, à regarder le bazar avec de grands yeux et à ne pas savoir quoi faire. Alors je remet toujours la tâche à plus tard, parce que ça me fatigue, m’ennuie et m’énerve, et j’attend que la situation soit catastrophique pour m’y mettre. Sûrement pas la meilleure idée. En plus, je déteste jeter, alors j’ai pleins de petites choses inutiles qui se balladent mais qui ont une valeur sentimentale pour moi. Une fois par an, il faut carrément sortir le sac poubelle.

Evidemment depuis le temps, j’ai quand même trouvé des techniques ;

  • LES ETAPES. Les étapes, c’est magique. C’est justement ce qu’il manque dans la tête des dyspraxiques à cause du troubles des fonctions exécutives (oui j’aime bien les grands mots scientifiques). Pour faire court, le trouble des fonctions exécutives, ça veut dire que quand on a une grande tâche à faire on a du mal à la diviser en petites étapes. Donc l’idée ici, c’est de diviser la chambre en petites parties pour savoir par où commencer. Je fais ça par zones, personnellement, il y a zone « bureau » avec les étagères et tous mes livres, la zone « autour du lit » (oui oui) qui se retrouve généralement noyée sous les bouquins parce que je les replace pas où il faut le soir, la zone « armoire » avec le sol autour (le fameux tas de vêtements), la zone télé/chaîne hifi/cds…. Etc, etc. Bon, des fois je me retrouve quand même perdue une fois la zone choisie (surtout avec mes tas de vêtements géants !) ou alors je retrouve un livre que j’avais perdu et j’oublie ce que j’étais en train de faire… Mais globalement ça marche bien. 
  • C’est une technique qui peut être réadaptée pour les enfants. « Range ça », je pense que pour un enfant dyspraxique, c’est bien trop vague. Le mieux doit être de ranger avec eux en détaillant toutes les petites étapes, « d’abord je range les playmobils dans la boîte » « ensuite je met la boîte dans l’armoire », ce genre de choses. Et s’ils sont assez grand, on peut en faire une liste manuscrite à scotcher sur la porte !
  • On m’a conseillée de mettre des étiquettes sur les tiroirs ou les boîtes, pour se souvenir où vont les choses et pour qu’elles aient un endroit précis. Je l’ai fait pour le tiroir de mon bureau, sinon ça finissait toujours tout mélangé…
  • Pour ceux qui comme moi gardent tout, un grand ménage tous les 6 mois où tous les ans peut se révéler assez utile (et on retrouve des choses qu’on avait perdues des fois !). Avec tri des vêtements (je garde même les trucs qui me vont plus des fois, au bout d’un moment faut arrêter…)
  • Essayer de penser à vider la poubelle régulièrement. Ça parait idiot là, mais je dis ça parce que moi j’oublie tout le temps, et après je me retrouve avec des papiers qui débordent et une énorme collection de canettes de coca vides sur mon bureau… Ça fait désordre quand des amis viennent (je suis peut-être plus à ça prêt remarque).
  • J’ai pas de draps dans mon lit, je sais jamais comment les mettre et ils finissent tout le temps dans tous les sens le lendemain. Matelas + couette (avec une housse, assez horrible à mettre d’ailleurs) c’est suffisant.
  • J’ai lu sur un blog pour les hyperactifs qu’on peut aussi garder une boîte « fourre-tout » pour mettre les choses qui traînent jusqu’à ce qu’on sache où elle vont/qu’on aie le temps de ranger. Ça évite au moins d’avoir des trucs qui traînent partout ou sur le sol, je le fais des fois quand je veux juste passer l’aspirateur.

Tout ça, ça limite bien les dégâts . Après soyons honnêtes, je suis loin d’être un exemple de chambre bien propre et bien rangée. Surtout quand je passe des jours à remettre le rangement au lendemain !

Bon, et tout ça c’est que la chambre.

Je vais sûrement partir de la maison à la rentrée prochaine, j’espère que ces techniques sont applicables à un appartement entier :p surtout que je vivrais avec ma copine, et elle aime moins le désordre…

… C’était censé être un article sur l’organisation en général, mais il y a tellement à faire dans une chambre que je me suis étendue sur le sujet… Le reste ira dans un prochain article vu que je suis assez catastrophique dans ce domaine aussi.

Mais je me soigne, comme on dit !

bordelique

(source de l’image : http://morganemartinblog.free.fr/)