Surcharges sensorielles et crises de panique

Les surchages sensorielles, l’hypersensibilité, j’en ai parlé, en fait : ici et ici. Je n’ai pas vraiment détaillé les crises de nerfs que je peux avoir quand tout devient vraiment « trop », et à vrai dire c’est normal, parce qu’une fois que la tornade est passée il est difficile de savoir comment je me sentais à tel ou tel moment ! J’ai réussi à trouver les mots récemment ceci dit, et j’ai compris que j’ai deux types de réactions : 

  • Je suis « éteinte », « ailleurs », « dans la lune » ; arrive le plus souvent dans certains centres commercial (bizarrement certains sont pires que d’autres), dans des soirées/fêtes, endroits bondés (gares)

Je me sens nauséeuse, j’ai l’impression que je vais m’évanouir et j’ai envie de pleurer. Trop. Trop de tout. Le monde extérieur m’avale et j’ai l’impression de disparaître sous tous ce bruit, ces gens, ces mouvements. Je me sens absente. Si je suis dans une foule, j’ai tendance à me protéger des gens avec mes bras devant mon visage et tout le monde me fait peur. En général c’est là que je m’arrête de parler parce que ça devient trop difficile, et si j’essaie je parle en monosyllabes, ma voix est basse et douce et un peu monotone ou trop aiguë au contraire. En plus, comme je me suis évanouie quelques fois dans des endroits publiques, si je suis forcée de rester debout, j’ai encore plus peur et je cherche à m’asseoir pour me calmer. J’ai envie de fuir ou de me cacher dans un coin. 

En général, si ça ne s’arrête pas je finis par fondre en larmes. (ça m’est arrivé de m’évanouir aussi, mais comme c’était il y a longtemps je sais pas trop si c’était lié). C’est un effondrement. 

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Triste et silencieuse telle Jon Snow qui fait la tronche sur sa banquise. 

 

  • Colère. Malheureusement, le plus souvent en famille, quand il y a du monde à la maison, beaucoup de gens qui parlent fort

Je suis nerveuse, épuisée, tout le monde parle trop fort et tout le monde m’énerve. On me parle et je n’ai pas envie de répondre, et quand je le fais je ne peux pas m’empêcher d’être sarcastique voire méchante, je ne veux pas qu’on me parle, ça m’énerve encore plus et je me sens attaquée. Pourquoi ils parlent tous si fort ? Personne ne me laisse tranquille et j’ai envie d’hurler et pleurer, mes yeux me piquent (je sais pas pourquoi mais à chaque fois), j’ai mal à la tête, je veux qu’ils se taisent, qu’ils me laissent tranquille, qu’ils s’en aillent tous. Occasionnellement je suis aussi stressée par quelque chose, un partiel le lendemain par exemple. 

En général si je ne peux pas aller me cacher quelque part ça finit de manière bien embarrassante puisque je fonds en larmes voire hurle sur quelqu’un (déclencheurs : me faire disputer, entendre des choses blessantes, juste ne pas pouvoir partir, ou un imprévu. Une fois j’ai crisé sur mon neveu et ma nièce parce qu’ils avaient renversé du coca à côté de mon pc, et après j’ai pleuré pendant une heure dans la salle de bain.), ou dit des choses blessantes que je ne pense pas et qu’on me reproche plus tard, et que je regrette. 

Contrairement à ce que j’appelle l’effondrement, là c’est plus comme une crise de nerfs ou une explosion.

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Ces moments où les invités me prennent pour Joffrey Baratheon.

 

Dans les deux cas, pour me calmer je dois aller dans une pièce au calme, de préférence sombre, et SURTOUT silencieuse. Si je ne peux pas, mon casque avec un peu de musique peut suffir à me calmer, ou tout simplement partir de l’endroit ou prendre l’air dehors (surtout pour les effondrements qui arrivent toujours en dehors de la maison). Si j’ai des pauses régulièrement ça peut aller très bien (je gère très bien les soirées entre amis parce que je sort sur le balcon une dizaine de minutes à peu près toutes les heures, même quand je me sens bien, pour prévenir et éviter de me sentir ne serait-ce qu’un peu stressée ! ). En général il vaut mieux me laisser seule.

 

Un jeu pour la fin : en vous basant sur les illustrations pouvez-vous trouver ma dernière obsession ?

(oui je sais, c’est facile)

 

La peur du mot « handicap » et autres attitudes

Je suis beaucoup la toile anglophone, et c’est surtout parce qu’il y a beaucoup plus de ressources sur les troubles dys et autistiques qu’ailleurs en français ; malheureusement.  Qui dit foison de ressources et d’articles veut aussi dire foison de discours, et je commence à être fatiguée de certaines choses.

Tout commence avec un article qu’un abonné de Dyspraxic Panda m’a fait passer où une personne dyslexique qui a eu du succès dans sa vie personnelle nous dit que « la dyslexie n’est pas un handicap ! C’est un don ! »

Et ça m’embête. Beaucoup. Et je ne suis pas la première à le dire. On en a discuté sur le blog.

Le refus d’employer le mot « handicap » pour quelque chose qui EST un handicap juste parce qu’une personne atteinte à « réussi », je trouve ça offensant. Parce qu’en lisant entre les lignes, ça dit que quand on a un handicap, on ne peut pas réussir. C’est aussi très mauvais pour les personnes qui, elles, sont en galère avec leur handicap. C’est nier leurs difficultés.

Et ce n’est pas un bon message à envoyer aux personnes qui ne sont pas atteintes du trouble puisqu’elle vont se dire « oh, bah c’est rien en fait ». C’est un peu ce qui arrive aux enfants précoces, comme ils ont une intelligence supérieure (donc un « plus ») les gens se disent qu’ils ont en fait de la chance et qu’ils « font semblant » d’avoir des problèmes. Parce que pour certaines personnes, l’intelligence ne peut pas aller de pair avec des troubles des apprentissages (hah, s’ils savaient.). Quand je dis que je suis dyspraxique on me répond souvent « mais tu es tellement intelligente !!! ». Euh. CA N’A RIEN A VOIR.

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« NEUROTYPIQUES. »

Il y a beaucoup, beaucoup de misconceptions, que ce soit pour les dys et les autistes mais aussi sur un champ plus large.

Une personne dyspraxique, dyslexique ou n’importe quoi d’autre aura peut-être un « talent » qui surprendra tout le monde, ou juste une prédisposition à certaines choses. Mais ça ne fait pas du handicap un don… Une personne malvoyante a un sens du toucher plus développé en conséquence de son handicap et personne ne dit que sa cécité est un don ! C’est séparé, tout ça ! Et parfois ces talents (ou même des choses plus simples que ça) surprennent tout le monde juste parce qu’on s’est dit que la personne concernée ne pourra rien faire à cause de son handicap. « Oh mon dieu ELLE SAIT FAIRE DES CHOSES ET ELLE EST HANDICAPEE COMMENT EST-CE POSSIBLE »

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Vous faites pleurer le Docteur avec vos bêtises.

J’écris bien, ça ne me rend pas moins dyspraxique et mes difficultés sont tout aussi présentes. Peut-être que si je n’étais pas dyspraxique, j’écrirais bien quand même.

De toute façon, si je choisis de me définir comme ayant un handicap, c’est à moi d’en faire la décision. Si quelqu’un me dit  » je ne considère pas mon _______ comme un handicap », ça marche aussi, hein.

Quand un handicap est invisible, on entend que ça « mais tu n’es pas handicapé !! », parfois accompagné « moi je connais _______ , il ne peut pas faire ça et ça ! ». Euh oui certes. Si vous pouviez éviter de me culpabiliser en passant.. Le raisonnement des gens, c’est que grâce à mes stratégies, je peux vivre à peu près comme tout le monde. Oui, certes. Mais le fait que j’ai du me créer des stratégies et trouver des idées est justement ce qui fait de moi une personne handicapée !! Ah, bien sûr, que c’est léger. Bien sûr, je vais très bien dans ma vie (j’ai envie de dire que ça n’a pas toujours été le cas, en plus).

La plupart des handicapés, léger ou non, on est pas très fan du discours « TRAGIQUE !!!! » (oui oui, même les gens dont le handicap est visible. Les gens en fauteuil n’aiment pas être regardés avec des yeux plein de pitié quand ils passent près de vous dans la rue, c’est vrai, je vous jure. INCROYABLE. Pardon, je m’enflamme.).  Ce n’est pas le discours que je recherche quand je me définis avec un handicap, même si les gens ont l’air de croire que je veux m’apitoyer sur mon sort ou me plaindre ou faire un concours (« moi je connais machin et il peut faire moins de choses que toi »). Les gens y mettent une grosse connotation négative mais j’énonce juste un fait, ni bien ni mauvais. Comme si je leur disais : « j’ai les yeux marrons. » « Ma pauvre :(( » n’est certainement pas une réponse que j’attends, en fait, je serai énervée si c’est ce qu’on me répond.

Je suis une personne avant tout, et je n’aime pas que l’on romance mes difficultés. Je suis très capable de voir le positif moi-même, et quand je parle de ce qui est difficile pour moi, on m’écoute. C’est tout.

Et la prochaine fois qu’on me twitte un de mes articles avec un commentaire du style « LA PAUVRE !!!! », je mords. (bon, c’est arrivé qu’une fois. Mais j’étais très vexée.)

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Je ne m’apitoie pas sur moi-même et je ne veux pas de la pitié des autres, la pitié c’est éloigner voire rabaisser la personne, la pitié, ce n’est pas comprendre. C’est dire « tu n’es pas comme moi et je ne veux vraiment pas être comme toi ». C’est humiliant, combien de fois on m’a dit « tu me fais pitié » d’un air dégoûté quand j’étais harcelée au collège ?? Alors voilà, réfléchissons deux minutes avant de partir dans le mélodrame 🙂

 

« Je viens d’une autre planète. » ou les joies des interactions sociales

C’est difficile de comprendre les autres.

Je commence seulement à m’en sortir dans l’art compliqué des interactions sociales. Je sais que c’est bien de sourire,  pendant longtemps je souriais même quand j’avais envie de pleurer parce que je penserai que ça rendrais les gens gentils avec moi. C’est un mécanisme de défense maintenant, alors j’ai toujours le sourire. Forcé ou non.

Je dis très peu mon avis quand il diffère de celui des autres parce que j’ai peur du conflit. Quand le sujet est « chaud » je me range du côté du plus fort. Ou je nuance, j’insinue que je ne suis pas d’accord mais avec peu de conviction. Bon, ça, c’est pas avec tout le monde. En famille, on me connaît comme celle qui râle dès que quelqu’un dit un truc qui déplaît. Avec les amis très proches, je suis franche aussi, ou presque (si ça part en conflit je retourne vite ma veste !).. Et plus détendue (là encore, sauf si ça tourne mal.)

J’ai de l’humour. Ça plait, alors je fais tout le temps des blagues et je fais rire les autres. C’est essentiellement comme ça que je me fais des amis.

J’ai des badges sur mon sac. Sans rire, des badges Doctor Who ça garantit que des fans du Docteur viennent me parler. Ça fait un point commun, un sujet de conversation et sûrement d’autres en commun car beaucoup de ces fans aiment les jeux vidéos aussi par exemple. Certaines amies que j’ai à présent m’ont parlé pour la première fois grâce à mes badges Harry Potter en première année de fac. ^^ (je vous dédis cet article si vous me lisez les filles)

On me dit posée, joyeuse et un peu folle ou excentrique quand en réalité je suis pas sûre de moi, et anxieuse. Je module ma voix de façon parfois excessive pour éviter de parler lentement comme je le faisais avant. Parfois je suis surexcitée. Parfois j’ennuie tout le monde en parlant beaucoup trop de mon obsession du moment. Et encore, je m’améliore ^^

Une fois que je connais des gens et que je sais qu’ils apprécient ma compagnie, ça passe. Je me « calme ». Je garde cette personnalité là et ça va, même si parfois ils me trouvent un peu bizarre, ils ont souvent eux-même leurs bizarreries, sinon on aurait du mal à être amis..

Les nouvelles personnes, par contre… Les inconnus, je ne peux pas prévoir leur réaction comme je peux faire avec des personnes connues. Je ne sais pas comment leur dire bonjour, comment leur parler ou apprendre à les connaître, comment commencer une conversation. Je suis anxieuse, j’ai du mal à parler. Je déteste me retrouver seule avec quelqu’un. J’entends beaucoup de gens qui ne sont pas à l’aise en groupe, mais personnellement je trouve ça vraiment plus simple. Quand on parle avec plusieurs personnes en même temps, il suffit de hocher la tête, de sourire, de dire une bêtise de temps en temps et d’ajouter son grain de sel régulièrement dans la conversation et tout va bien.  Avec une seule personne, il faut tout faire. Commencer la conversation, trouver un sujet, faire du contact visuel (je ne regarde que très rarement les gens dans les yeux, surtout tout seuls), ne pas laisser les gros silences s’installer (GROSSE PEUR de ma part, ce qui me fait souvent babiller à tort et à travers sur des sujets qui n’intéressent personne), être intéressant…

Et pourtant je me suis beaucoup améliorée depuis l’adolescence. Maintenant je sais si les gens se moquent de moi méchamment ou gentiment. Je sais s’ils m’aiment bien ou pas, s’ils  veulent se servir de moi ou me demandent juste un service. Avant je n’avais aucun moyen de différencier ces choses là, et souvent je ne savais pas si j’étais censée rire ou être blessée. On sait déjà que j’ai été harcelée. C’est sûrement du à ça en partie et à ma façon de parler lente et très douce à l’époque (ça revient parfois, je parle pas fort… sauf quand je suis excitée, et là c’est TROP fort.). J’avais un délai avant de répondre aux autres, et souvent on me parlait comme à un bébé. On m’insultait, je souriais, puisque sourire rend les gens « gentils ». J’étais « lente » et « bête ». Des fois je disais des « bêtises ».  Parfois je ne comprenais même pas ce qu’on me disait et j’avais besoin qu’on répète ; sûrement à cause des bruits de fond. On me traitait beaucoup de bébé aussi, quand moi je pensais que de toute façon, on était tous très jeunes. Parfois des blagues qui marchaient une année me rendaient « débile » l’année suivante. J’essayais de copier le comportement des autres je pense, mais avec du retard… J’essayais de m’habiller de la même façon et je faisais semblant d’aimer les mêmes musiques (qu’en fait je détestais), mais ça ne marchait pas.

Les règles sociales de cette époque là sont juste incompréhensibles. J’ai même eu du mal à repérer le sarcasme quand moi-même j’étais presque tout le temps sarcastique… On m’a dit une fois que les gens ne savaient jamais si j’étais sérieuse ou ironique. Quand j’arrivais à parler, je répétais toujours les mêmes choses, je parlais trop fort ou pas assez, et j’ennuyais tout le monde avec mes obsessions (j’ai embêté beaucoup de monde avec le Japon à 14-15 ans).

Et en plus je croyais un peu tout le monde…

J’ai souvent pensé au syndrome d’Asperger, mais je n’ai jamais eu de problèmes de routine ou de rituels à ce que je sache. Et je ne manque pas trop de tact. Donc je suis dans la limite. Dans une certaine mesure je me vois dans le spectre autistique, quelque part. Et puis je viens de le dire, c’était beaucoup plus visible à 13-14 ans. Maintenant je n’ai pas à faire trop d’efforts pour m’en sortir en groupe une fois que je connais les gens. La seule condition c’est qu’ils viennent vers moi en premier. Ou que je connaisse déjà UNE personne dans le groupe. Je parle assez normalement maintenant, et je dis souvent des choses qui font rire. Et j’attire les gens qui ont les mêmes goûts ou passions que moi. Alors ça va.

Cette année j’ai juste eu énormément de mal à m’intégrer à mon groupe de théâtre de la fac. Retour en arrière complet : parler dans le vide, pas assez fort, être dans mon coin… Donc oui, ça arrive. Beaucoup quand tout le monde se connaît sauf moi. (c’est l’intérêt dans les nouvelles classes, quand absolument personne se connaît au début les gens font plus d’efforts et se mélangent plus… Et suivre des cours ensemble aident bien à commencer les conversations). Et quand je dois rencontrer de nouvelles personnes, j’appréhende et j’ai souvent peur.

J’ai été assez phobique sociale pendant une époque. Maintenant que j’arrive à parler à quelques inconnus sans courir me cacher, et que j’ai pas mal d’amis, je considère avoir fait d’énormes progrès ^^. Ma seule difficulté maintenant, c’est de me rapprocher. J’ai beaucoup d’amitiés assez superficielles parce que je trouve très difficile de me confier. Et puis tout ce qui est social m’épuise au bout d’un moment, donc j’ai besoin de solitude de temps en temps ou je pique des crises de panique (fatigue => + de problèmes sensoriels !!).

Donc oui, je suis assez obsédée par l’autisme (c’est un de mes gros intérêts), mais d’une certaine façon j’ai des traits. Et je défends beaucoup la cause de l’autisme parce que je me sens concernée et parce que je ressens souvent les mêmes choses que mes amis qui ont le syndrome d’asperger. On est très proches, même si moi je n’ai pas de diagnostic officiel.

Je n’ai pas toujours été silencieux

(comme promis, je traduit un deuxième article de « par la fenêtre » http://par-la-fenetre.tumblr.com/post/45670689700/in-my-life-ive-been-running-away-far-too-much )

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Je ne suis pas né silencieux

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J’ai appris à l’être

(« Tu peux arrêter d’être aussi fier de ta réussite scolaire ? » « C’est pas aussi facile pour tout le monde que pour toi, tu sais ? »)

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C’est un mécanisme de défense.

(« Qu’est ce que tu regardes ? Regarde moi quand je te parles ! Regardes moi fils de p*** ! »)

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C’est un camouflage.

J’étais très contente de parler en cours quand j’étais plus jeune, et super fière et souriante quand je connaissais la réponse… Bien sûr je suis devenue beaucoup plus discrète au collège et maintenant je suis plutôt silencieuse, le temps de connaître les gens.. (bon je change beaucoup une fois que je suis en confiance ceci dit. De tempérament je suis en fait assez bruyante :D)

« Par la fenêtre » nous explique les problèmes sensoriels

Tenu par une personne autiste, ce tumblr présente des petites BDs qui expliquent très bien ce qu’on ressent quand on est autiste. Et comme certaines choses se retrouvent aussi dans la dyspraxie, j’ai pensé en traduire quelques unes avec son accord 🙂 .

http://par-la-fenetre.tumblr.com/post/46268174276/well-here-it-goes-third-part-of-my-serie-about

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Le cerveau humain ne s’arrête jamais de changer.

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L’une des premières choses qu’il apprend est de filtrer les données sensorielles pour se concentrer sur ce qui est important.

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Le cerveau autiste ne peux pas filtrer. On appelle ça le trouble d’intégration sensorielle. (note : trouble qui peux donc aussi toucher les dyspraxiques, mais aussi les personnes atteintes de TDAH et/ou d’autres troubles d’apprentissage. L’intensité diffère selon la personne, il me semble que c’est effectivement plus fort chez une personne autiste mais je compare à ma propre expérience.)

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Des difficultés ou une impossibilité à filtrer les données sensorielles correctement peut créer des problèmes de développement.

(bébé en bleu : *mots qui ne veulent rien dire*

bébé en jaune : « manger ! »)

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On appelle « surcharges sensorielles » l’état de panique qui nous rend incapable de « fonctionner » correctement.

(Quand tout est trop fort ça peut vite devenir terrible effectivement :(. Je peux gérer si j’ai des pauses souvent, mais si je suis un peu fatiguée à la base, au bout d’un moment je deviens énervée et mal, jusqu’à fondre en larmes parfois.

Sinon des fois je gère mais ça me demande beaucoup d’efforts et je dois passer le lendemain seule au calme à la maison parce que je suis épuisée. Enfin la preuve, hier j’ai passé la soirée à faire du bénévolat et ça s’est super bien passé, mais j’ai dormi douze heures cette nuit tellement j’étais épuisée !)

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Cela ne disparaît pas miraculeusement à l’age adulte (si seulement)

( en bleu : « As-tu passé une bonne journée ? »

en orange : « Oui, merci ! » )

Et comme ça fait un tout petit article, j’en traduirait probablement une autre demain ou même plus tard dans la soirée 😉

Où l’on parle de neurodiversité et d’obsessions (non, de passions !)

Vous êtes très nombreux à visiter et commenter, en moins d’un mois d’existence le blog approche les 2000 visites…  Honnêtement je suis très très surprise, je ne m’attendais pas à plus de 200 (dis-je alors que j’ai atteint les 300 le premier jour.).

J’ai donc pensé qu’avoir une petite place sur facebook pour discuter serait bien, il me semble qu’en général c’est assez apprécié. Voilà, Les meubles m’en veulent a maintenant sa page facebook !  Venez nombreux 🙂

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La neurodiversité, c’est d’abord un terme que j’utilise pour inclure tous les troubles de type « neuroatypiques » : Les personne dont le cerveau n’a pas le même fonctionnement neurologique que les autres. Par opposition, les gens « normaux », ce sont les neurotypiques.

C’est aussi un mouvement social, mais ça je pense que j’en parlerai plus tard afin de ne pas dire de bêtises.

Non, le vrai point de départ de l’article, là, c’est cette image trouvée dans les communautés anglophones :

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(cliquer pour avoir en grand)

Et traduite par mes soins (au début j’ai essayé de refaire le schéma à la main, ça m’a un peu rappelée les vieux schémas de SVT qui étaient toujours soit énormes, soit minuscules et j’ai laissé tomber. En plus mes ellipses/cercles faisaient plus « patate » qu’autre chose.)

La neurodiversité

« Ce document sert surtout pour discussion, il parle principalement des difficultés des personnes « neurodiverses » (je dirais plus neuroatypique moi). Beaucoup de ces personnes peuvent être cependant excellentes en maths, en lecture ou avoir une très bonne coordination, etc. Nous sommes les gens des extrêmes. » (j’ai presque voulu traduire par « les gens de l’extrême » parce que ça faisait classe)

Je suis fan de ce schéma parce que ça explique bien pourquoi des personnes qui n’ont pas le même diagnostic peuvent avoir des difficultés communes, et ça explique bien aussi pourquoi les diagnostics sont difficiles. D’autant plus que très souvent, les troubles ne sont pas « cloisonnés ». On peut en avoir plusieurs d’entre eux, et parfois, je pense, avoir un ou deux symptômes d’hyperactivité qui s’incrustent dans la dyspraxie par exemple ! Bon, c’est cependant assez succin au niveau des descriptions des troubles (l’autisme surtout) mais c’est quand même intéressant ! L’important est de voir les liens entre les différentes difficultés.

C’est pour ça que quand j’ai besoin de conseils, parfois je vais voir des ressources prévues à l’origine pour des problèmes d’hyperactivité (on a des problèmes d’organisation en commun), ou que j’ai une facilité à comprendre certaines facettes de l’autisme comme celle dont j’ai parlé dans l’article précédent.

Il y a juste quelque chose qui m’a gênée dans ce schéma, c’est que la dysphasie n’y était pas. Je vois très peu ce nom mentionné dans les communautés anglophones, et c’est possible qu’on appelle juste ça « speech disorders » (troubles du langage) chez eux. Mais elle aurait totalement sa place ici, probablement autour des autres dys !

Et pour le fun !

moi

C’est moi ! 😀

C’est rigolo, je suis tout sur la gauche.

En sachant que pour l’autisme, c’est vraiment à prendre avec des pincettes. Les difficultés que j’ai pu avoir au niveau social était surtout présente quand j’étais plus petite (même si j’ai toujours peur des inconnus) et moindre comparées à une personne autiste. Bon, sauf quand j’avais 13 ans, là je faisais très Aspergers pour le coup, mais c’est plus à cause du harcèlement scolaire. (ou alors j’ai été harcelée parce que j’avait des difficultés sociales déjà à la base ?? … L’oeuf et la poule !)

Bon ceci dit, la personnalité obsessionnelle, OUI ! Et ça, c’est pas passé en grandissant. Quand je m’intéresse à un sujet, il faut que je sache tout, et je commence à en parler tout le temps parce que je n’arrive pas à m’arrêter (j’essaie vraiment mais c’est comme si ma tête tournait en boucle !!) et ça énerve tout le monde…

Maintenant, ça peut être sur une série (Game of Thrones en ce moment), ou des livres (The Hunger Games), ou un sujet (… l’autisme. Le féminisme. Le théâtre. Shakespeare.). Ça arrive par phases, je sors d’une phase Shakespeare, là.

Mais quand j’étais petite, j’ai eu : l’espace (je connaissais toutes les planètes par coeur, la circonférence du soleil, et j’embêtais mes grandes soeurs à tout leur réciter. D’autant plus qu’à cet âge (5 ans) je pensais que ça intéressait tout le monde autant que moi), les races de chiens toutes connues par coeur, les aquariums et les poissons, les cabanes (???), Harry Potter (celle-ci n’a jamais vraiment stoppé :p) …………
Et je crois que ça fait seulement depuis que j’ai 16 ou 17 ans que je réalise quand j’ennuie les gens, et que j’arrive à me contrôler. Parce que parfois aussi, je savais que ça embêtait tout le monde mais j’arrivais pas à me taire..

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Je sais pas pourquoi je pars tout le temps en obsession comme ça, mais au moins, on peut dire que je suis passionnée ? Quand j’étais petite, je croyais que pour être normale, il fallait que j’aie une passion, et donc j’appelais ces obsessions comme ça. (c’est quand même un peu triste qu’à cet âge là je réfléchissais déjà à ce que je devais faire pour être comme les autres. Je crois que j’avais eu cette idée dans les magazines que je lisais où des enfants présentaient toujours leur « passion », dans le journal de Mickey sûrement.) J’y travaillais en plus, « tiens aujourd’hui je vais me trouver une nouvelle passion ! ».

Je trouve juste le monde triste, si on est pas à fond dans les choses.

Quelque chose me dit que ce que je viens d’écrire est ce que j’appelle un « info dump » d’ailleurs, quand je parle trop sans m’arrêter à propos d’un sujet et que je balance une énorme pile d’information à la face des pauvres gens. Ce blog est un info dump géant. Oops.

J’aime bien apprendre pleins de choses sur la dyspraxie, mais aussi sur tous les autres troubles ! Et si j’étais pas aussi mauvaise en sciences, je serais devenue neuropsychologue. Ou orthophoniste…. Ha ha ha. Un jour je vous raconterai l’année où j’ai essayé de passer les concours d’orthophonie.