Tuyaux pour petites et grandes angoisses

On le sait tous, je suis assez stressée. On parle d’imprévus et de petites choses  ou alors de problèmes sensoriels (ici ou ici), ou encore de peurs sociales.

Après, c’est aussi parfois les deux ensemble, le stress entrainant la sensibilité ou inversement ! J’ai donné des conseils dans les articles concernés pour les problèmes sensoriels, aujourd’hui on va plutôt s’attaquer au vrai stress, à la peur, aux angoisses quoi.

Parlons peu parlons bien, je ne suis pas la mieux placée pour aider. J’ai eu de gros problèmes pour pouvoir gérer tout ça cette année, grande pratiquante des stratégies d’évitement pour ne pas avoir à faire face ! Ceci dit les crises d’angoisses arrivent quand même, par exemple quand j’avais beaucoup de devoirs et de travail et que juste travailler me semblait insurmontable — ou quand je devais aller dans un nouvel endroit, ou quand je faisais les courses (mais c’était souvent sensoriel aussi).

Alors les conseils qui suivent ne sont pas tous les miens, certains ont été glanés sur le net anglophones, certains testés tout de même. A essayer en situation de crise pour certains, ou avant pour d’autres.

  • Compter

L’angoisse monte, la respiration se coupe et les pensées partent dans tous les sens, je panique… Je m’arrète, et je commence à compter. Ca permet de se concentrer sur les nombres, et du coup les pensées partent moins en cacahuetes. Il y a aussi de nombreux exercices de relaxation ou il faut compter d’ailleurs, mais en respirant.. J’essaie de compter lentement et du coup de respirer en rythme mais ça ne marche pas toujours.

J’ai lu quelque part que de décrire les objets d’une pièce marche de la même façon.

  • Répéter des phrases dans sa tête

A un moment quand je n’arrivais pas à dormir et que j’avais du mal à respirer, je récitait un de mes monologues de théâtre dans ma tête. C’était magique, ça calmait tout de suite. Dans les moments de grosses angoisses, je me répète des phrases que j’aime bien, souvent celles qui ont une signification assez forte pour moi et qui me rassurent. Donc des phrases de game of thrones en fait :p. Le « Fear cuts deeper than swords » (La peur est plus tranchante qu’aucune épée) d’Arya m’est toujours très utile par exemple ! Ca a un peu la même fonction que de compter, mais en même temps ça me fait penser à des choses rassurantes et qui me donnent du courage. C’est un peu me dire « tu peux y arriver ».

Le seul truc c’est que mes situations anxiogènes sont beaucoup moins épiques que dans Game of thrones, donc je me retrouve au rayon fromage du supermarché en train de me répéter « Je suis la lionne de Casterly Rock ».

Sinon ça va bien.

Des fois je fais aussi semblant d’être un personnage qui est plus courageux que moi. Je me dit que si ce personnage n’a pas peur je devrais pas non plus !

  • S’occuper les mains

Bon alors ça dépend ce qu’on peut faire. C’est toujours à la mode les rainbow loom ? Parce que quand je suis stressée souvent je me fais des bracelets en elastique. C’est très répétitif, alors ça force à se concentrer sur le geste, et perso ça me calme.

Sinon je m’amuse a trier les elastiques par couleur. Ce genre de choses, donc, des gestes simples et répétitifs.

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Oui j’en ai fait beaucoup pendant un moment… Mais en plus j’aime bien les porter parce que je peux les triturer et jouer avec pendant la journée.

Sinon j’ai des jouets que j’emmène partout avec moi, c’est des objets familiers qu’on peut triturer pour se calmer, comme le tangle montré dans un article précédent, ou des choses comme ça (mais ceux qui sont tout petits, sinon c’est quand même pas très discret en société :D)

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Quand j’étais plus jeune c’était des « porte bonheurs », comme des petites peluches ou des portes-clés — des choses assez petites pour tenir dans une poche.

Je connais des gens qui font des coloriages, d’autres de la broderie — pour des dyspraxiques c’est un peu plus difficile de trouver une activité qui soit assez simple et pas frustrante. Le résultat n’est pas le plus important, mais bon le but ce n’est pas qu’on s’énerve dessus ! Des petits jeux sur internet peuvent remplir le même but, aussi, à condition de choisir quelque chose de calme et simple. A un moment je jouais à ça , c’est pour faire des dessins avec du sable !  (cliquer pour faire tomber le sable, cliquer sur le petit rond dans le coin pour changer la couleur)

  • S’isoler si c’est possible

Des fois c’est juste ce qu’il faut faire, s’isoler et écouter de la musique calme, j’ai des playlists exprès. Regarder un film, lire un livre, faire des choses pour se distraire. Souvent ça marche mieux pour les petits moments de stress par contre, pas quand c’est déjà parti trop loin. Prendre du temps pour soi.

  • Marcher et prendre l’air

C’est simple, c’est dit et redit et ça ne marche pas à tout les coups, mais parfois ça vaut le coup d’essayer.

  • Des sons agréables

J’ai des playlists de musique calme, mais j’ai aussi certains sons qui me calment. Ca dépends de chacun, mais j’aime particulièrement les sons de pluie — j’utilise rainymood assez souvent.

 

Voila voila, ma maigre contribution ! Après ce sont des petites choses, pour moi ça ne suffit pas toujours mais ça aide en attendant d’avoir un vrai traitement.

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Angoisses et imprévus

Quand je fais des crises de panique, la plupart du temps c’est en fait des surchages sensorielles, parce qu’il y a trop de monde dans le magasin ou dans le bus, parce que j’ai trop socialisé et j’en peux plus, parce que des gens parlent trop fort. Mais il y a les autres aussi, les vraies, les anxiétés et autres petites angoisses du quotidien qui sont plus ou moins intenses selon la période, et qui peuvent même paraître plutôt ridicule. J’ai toujours dit que je gérais bien les imprévus, mais j’ai bien pu voir récemment que.. en fait BOF. Enfin, imprévus, ou plutôt situations non anticipées. Certains imprévus, on peut les anticiper.

Enfin je crois qu’en fait pour être précise il faut que je retrouve des exemples dans ma tête, et j’en ai un particulièrement ridicule qui m’est arrivé récemment : j’ai piqué une crise en descendant chercher ma lessive à la laverie parce que quelqu’un avait sorti mes vêtements pour les mettre dans un sac.

Bah oui ! Je descends, prête à récupérer tout ça dans la machine, et quand j’arrive, je ne vois pas ce que j’attendais, et mon cerveau court circuite en trois secondes. J’ai juste le temps de mettre tout ça dans mon panier à linge, prendre l’ascenseur avant que les larmes ne montent. Alors qu’est ce qui se passe, là ? Sur le moment j’ai du mal à comprendre, moi même, mais c’est une combinaison de plusieurs choses.

  • QUELQU’UN A TOUCHE MES VETEMENTS. QUELQU’UN A MIS SES MAINS DESSUS. HAAAAH. Sans être phobique des germes, j’aime pas que des inconnus touchent mes affaires. Beurk. J’ai une impression de saleté.
  • Je ne connais même pas la tête de l’inconnu en question, je ne peux même pas me faire une image de QUI a touché mes fringues.
  • CA SE TROUVE C’EST UN MEC ET IL A VU MES CULOTTES (celle ci est légitime !!)
  • C’est comme une intrusion, comme si quelqu’un était entré dans mon appartement quand je n’étais pas là et ça me stresse.
  • C’est un événement totalement inattendu et donc brutal pour moi, d’autant plus qu’il implique une autre personne. Dans ma tête en descendant, j’avais pas ça du tout et ça m’a complètement prise de cours.

Fort heureusement j’ai pu abréger la crise en me posant directement devant un film, mais cela ne marche pas toujours. Plus qu’une peur des imprévus, c’est l’inconnu qui me perturbe, surtout quand ça implique des gens. Une fois j’ai failli annuler un bénévolat car le voyage en train initialement prévu risquait de se finir en bus et je n’avais jamais pris de bus avec la SNCF, de plus dans un endroit inconnu (c’était déjà beaucoup d’y aller, mais le train je connais !), le tout en larmes devant ma mère parce que aaaah stress. Et si ça se passe mal ? Je ne sais pas ce qu’il faut faire ? Et si je me perds ?

J’ai aussi piqué une crise dans un magasin parce qu’on m’a demandé de poser mon sac à dos, en sachant que j’étais déjà en état de stress assez intense parce qu’il y avait foule dehors.

Toutes ces choses, je suis généralement capable de les gérer si je suis avec une personne de confiance (amis très proches..), mais si je suis toute seule ça monte très très vite. Il faut juste savoir que je ne le fais pas exprès ou pour « en faire trop », ce n’est pas drôle pour moi non plus.. Parfois ce n’est rien mais c’est juste « la goutte d’eau » d’une journée fatigante ou d’une période stressante, ou à un moment ou il y a déjà trop de bruits ou de gens pour moi.

Ces derniers temps ma vie est bien réglée alors ça fait longtemps que ça n’est pas arrivé depuis octobre (j’ai été malade assez longtemps et toute seule ici, pour le coup je les enchaînait les crises de panique. Je suis même allée aux urgences un jour parce que je croyait que j’allais mourir en prenant un doliprane de trop -_-‘ à hyperventiler toute seule haha. Heureusement que j’ai des anxiolytiques de prescrits quand même.)

Après il y a les autres choses… Comme parler à des inconnus, le genre de choses que j’évite. On a un super bureau au service culturel de la fac mais j’ai peur d’y aller, haha. Et puis je sors beaucoup moins que les gens de ma classe à cause de ça, mais aussi parce que je n’aime pas trop ça et je préfère éviter de trop me fatiguer ou de me surcharger, ou des fois il faut téléphoner pour commander les billets… Le samedi, les rues sont noires de monde alors je préfère rester à l’intérieur et me promener le dimanche ou pendant la semaine. Les courses, je les fais toujours le lundi tôt dans l’après midi ou dans la semaine quand il n’y a personne.

 

Victoires,suite d’études, futur et nouveaux départs (?)

Un petit article plus personnel pour, euh.. faire le point ?

Jusqu’à maintenant, je vivais encore chez mes parents, parce qu’on est pas bien loin de la fac. Bon on peut pas dire que ça m’enchantait, c’est dur de cohabiter, surtout quand tout le monde a des habitudes contraires aux miennes, et des fois sensoriellement c’est l’enfer (BAISSEZ LE SON DE LA TELE GRR). Bref. Je me suis mise en recherche de master en mai, j’ai eu des réponses définitives en juillet (je peux vous dire que l’attente était du genre bien horrible..)

Je suis acceptée en master Culture et Arts du Spectacle à Tours. Ce n’était pas mon premier choix, mais ça reste une bonne nouvelle parce que bon, il est sympa ce master et je vais pouvoir faire ce que je veux (travailler dans des théâtres ou gérer des festivals, etc. BONJOUR J’AI PEUR DES TELEPHONES ET DES GENS ET JE VEUX FAIRE DE LA COMMUNICATION. MAIS QU’ELLE EST DRÔLE.).

Le truc c’est que voilà !! Mon dieu ça y est ! Je pars de la maison, je vais vivre TOUTE SEULE et gérer ma vie TOUTE SEULE et faire à manger TOUTE SEULE et les courses et être dans une ville où je n’ai jamais mis les pieds et où je ne connais personne !

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QUE DIRE. L’excitation a tendance à laisser place à la peur. Le changement ça me réussit pas. SURTOUT le changement de classe, je déteste devoir faire connaissance et m’habituer à de nouvelles personnes quand ça se passait bien dans la classe précédente. Et cette année je n’aurai pas une copine à suivre partout pour m’aider à faire connaissance avec les autres. ET SI JE ME PERDS ? ET SI JE BRULE L’APPART EN FAISANT A MANGER ? ET SI PERSONNE NE M’AIME ? ET SI EN FAIT JE SUIS NULLE ET JE RATE LA FAC ET MES PARENTS PAIENT L’APPART POUR RIEN ? ET SI JE SUIS MALADE ET J’AURAI TROP PEUR D’ALLER VOIR UN MEDECIN (sans rire, c’est mon genre)

Anxiété quand tu nous tiens. Je n’ai plus qu’à essayer de me calmer jusqu’à ce que je déménage, et essayer d’emporter des objets familiers (peluche, couverture d’enfant) pour me sentir chez moi une fois là bas. Haha. Au moins, je ferai un truc que j’aime, et du théâtre, et mon meilleur ami vit à une heure de Tours, et ils ont un peu le meilleur CRA du coin. Je pense aller les voir pour un éventuel diag asperger. 

 

Sinon, là je rentre d’une semaine de bénévolat au théâtre du peuple à Bussang et ça s’est très bien passé. Pour tout vous dire, j’ai fait une crise de panique une semaine avant de partir parce que le trajet sncf était pas comme d’habitude, je devais prendre un car alors que c’était pas ce qui était prévu dans ma tête, et j’ai jamais pris de car seule hors de chez moi, et du coup j’ai eu peur et j’ai pleuré et j’ai failli annuler. Oui oui. La veille du départ, j’étais super stressée aussi. Mais au final, j’ai vu des beaux spectacles, et c’était très étrange parce que j’étais pas aussi flippée socialement que d’habitude (même si j’avais mes réticences, non pitié madame je veux pas haranguer la foule). J’ai fait des choses dans ce contexte que je pourrais pas refaire ailleurs si on me le demandait, c’est super bizarre et quand même très chouette aussi, normalement je parle pas à des inconnus comme ça. Bon, j’ai quand même fait une bétise à un moment et j’ai fondu en larmes (j’ai été incapable de dire non à des gens et ça a posé de gros problèmes). En fait tout allait bien tant que je faisais les choses bien ! Dès que je faisais une erreur le risque était que je pleure.

Pendant les spectacles on devait parler tout bas alors j’avais des « temps calmes », et pendant les pauses j’allais me reposer dans la chambre si besoin. Super ambiance, tout le monde était très gentil ,(même si comme d’habitude j’avais peur qu’ils me trouvent bizarres ou me détestent tous.). Je pense d’être dans un cadre qui me passionnait a beaucoup aidé, on a beaucoup parlé théâtre !  J’ai même travaillé au bar ! (mais c’était dur et j’ai presque pleuré à un moment, jusqu’à ce que je découvre que j’avais qu’à faire la vaisselle pour pas prendre de commande ou gérer de l’argent. J’ai jamais autant lavé de verres et d’assiettes de ma vie.) . Arracher les tickets des gens au début du spectacle ou gérer la librairie était plus à mon goût que les autres tâches comme le parking ou LE BAR. :p

Enfin bon résultat, là je suis épuisée sur mon canapé, mais avec des spectacles pleins la tête.

Surcharges sensorielles et crises de panique

Les surchages sensorielles, l’hypersensibilité, j’en ai parlé, en fait : ici et ici. Je n’ai pas vraiment détaillé les crises de nerfs que je peux avoir quand tout devient vraiment « trop », et à vrai dire c’est normal, parce qu’une fois que la tornade est passée il est difficile de savoir comment je me sentais à tel ou tel moment ! J’ai réussi à trouver les mots récemment ceci dit, et j’ai compris que j’ai deux types de réactions : 

  • Je suis « éteinte », « ailleurs », « dans la lune » ; arrive le plus souvent dans certains centres commercial (bizarrement certains sont pires que d’autres), dans des soirées/fêtes, endroits bondés (gares)

Je me sens nauséeuse, j’ai l’impression que je vais m’évanouir et j’ai envie de pleurer. Trop. Trop de tout. Le monde extérieur m’avale et j’ai l’impression de disparaître sous tous ce bruit, ces gens, ces mouvements. Je me sens absente. Si je suis dans une foule, j’ai tendance à me protéger des gens avec mes bras devant mon visage et tout le monde me fait peur. En général c’est là que je m’arrête de parler parce que ça devient trop difficile, et si j’essaie je parle en monosyllabes, ma voix est basse et douce et un peu monotone ou trop aiguë au contraire. En plus, comme je me suis évanouie quelques fois dans des endroits publiques, si je suis forcée de rester debout, j’ai encore plus peur et je cherche à m’asseoir pour me calmer. J’ai envie de fuir ou de me cacher dans un coin. 

En général, si ça ne s’arrête pas je finis par fondre en larmes. (ça m’est arrivé de m’évanouir aussi, mais comme c’était il y a longtemps je sais pas trop si c’était lié). C’est un effondrement. 

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Triste et silencieuse telle Jon Snow qui fait la tronche sur sa banquise. 

 

  • Colère. Malheureusement, le plus souvent en famille, quand il y a du monde à la maison, beaucoup de gens qui parlent fort

Je suis nerveuse, épuisée, tout le monde parle trop fort et tout le monde m’énerve. On me parle et je n’ai pas envie de répondre, et quand je le fais je ne peux pas m’empêcher d’être sarcastique voire méchante, je ne veux pas qu’on me parle, ça m’énerve encore plus et je me sens attaquée. Pourquoi ils parlent tous si fort ? Personne ne me laisse tranquille et j’ai envie d’hurler et pleurer, mes yeux me piquent (je sais pas pourquoi mais à chaque fois), j’ai mal à la tête, je veux qu’ils se taisent, qu’ils me laissent tranquille, qu’ils s’en aillent tous. Occasionnellement je suis aussi stressée par quelque chose, un partiel le lendemain par exemple. 

En général si je ne peux pas aller me cacher quelque part ça finit de manière bien embarrassante puisque je fonds en larmes voire hurle sur quelqu’un (déclencheurs : me faire disputer, entendre des choses blessantes, juste ne pas pouvoir partir, ou un imprévu. Une fois j’ai crisé sur mon neveu et ma nièce parce qu’ils avaient renversé du coca à côté de mon pc, et après j’ai pleuré pendant une heure dans la salle de bain.), ou dit des choses blessantes que je ne pense pas et qu’on me reproche plus tard, et que je regrette. 

Contrairement à ce que j’appelle l’effondrement, là c’est plus comme une crise de nerfs ou une explosion.

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Ces moments où les invités me prennent pour Joffrey Baratheon.

 

Dans les deux cas, pour me calmer je dois aller dans une pièce au calme, de préférence sombre, et SURTOUT silencieuse. Si je ne peux pas, mon casque avec un peu de musique peut suffir à me calmer, ou tout simplement partir de l’endroit ou prendre l’air dehors (surtout pour les effondrements qui arrivent toujours en dehors de la maison). Si j’ai des pauses régulièrement ça peut aller très bien (je gère très bien les soirées entre amis parce que je sort sur le balcon une dizaine de minutes à peu près toutes les heures, même quand je me sens bien, pour prévenir et éviter de me sentir ne serait-ce qu’un peu stressée ! ). En général il vaut mieux me laisser seule.

 

Un jeu pour la fin : en vous basant sur les illustrations pouvez-vous trouver ma dernière obsession ?

(oui je sais, c’est facile)

 

L’enfant différent : l’accepter, le respecter

Petite section : J’ai deux ans et demi. Je ne sais pas m’habiller toute seule. La maîtresse m’assoit une heure et demi dans le couloir parce que j’ai « refusé » de mettre mon manteau seule. Cette histoire, on me l’a juste rapportée, je ne m’en souvient pas, mais après ça, je suis devenue muette (mutisme sélectif, à la maison j’étais une pipelette ;)). J’étais encore un bambin, je n’avais rien fait de mal, et c’est pas difficile de savoir que ce « refus » était plutôt une incapacité. Pendant toute ma petite section, je ne parle pas, le plus souvent je ne comprends pas ce qu’on me demande (bon, ça c’est un souvenir alors je suis pas sûre) ou ce que je fais là, je joue toute seule et ça ne me dérange pas plus que ça. 

Moyenne section (puis grande section) : Nouvelle prof. Rapidement, elle s’étonne. On lui avait dit que je ne parlais pas, mais elle a plutôt du mal à me faire taire ! Et forcément. Dans un environnement ou on me valorise et m’accepte plutôt que de me punir , où l’on me laisse parler d’Afrique et d’espace et de mes « obsessions » avec la maîtresse même si ce serait mieux que je socialise avec les enfants, je suis mieux et plus épanouie. C’est aussi simple que ça. 

CP/CE1 : Je passe beaucoup de mes récréations à lire. La maîtresse vient me chercher quand je suis toute seule dans un coin de la cour avec mon journal de Mickey et me demande d’aller jouer avec les autres enfants. Je ne comprends pas ce que je fais de mal. J’erre dans la cour à la recherche d’un groupe avec qui « jouer » même si je préférerais vraiment finir mon chapitre sur Donald. Jouer au loup, c’est pas drôle parce que je ne cours pas assez vite. La marelle, les autres changent les règles pour tricher et ça m’énerve, et je n’ose pas leur dire. Les autres jeux, on me donne toujours les mauvais rôles. 

N’empêche qu’au bout d’un moment, je me fais une amie de moi-même, et on reste que toute les deux, tout le temps. En CE2, c’est elle qui me fait jouer avec d’autres enfants, mais pas tout le temps, des fois, on aime bien être juste ensemble. C’est une amitié qui m’apportera beaucoup et durera jusqu’à la 6ème. 

CE2,CM1,CM2 : On me valorise. Savoir lire n’est plus un problème, et on me laisse socialiser comme je l’entends, ce qui est beaucoup moins stressant… J’aime plus l’école et j’aime les récréations. Je suis par contre toujours la dernière à sortir de classe quand on va faire du sport dehors (beuuuh)

6ème : La prof de maths m’envoie au tableau. J’ai fait l’exercice, j’ai même eu juste, mais en la voyant attendre, en voyant toute la classe me regarder, je fonds en larmes et finit à l’infirmerie parce qu’en plus, je saignait du nez (sympa pour la fille qui ne veut pas se faire remarquer…)
Plus tard, cette prof dira à ma mère que j’étais « pire qu’une fontaine ». (sympa, pour une petite de 11 ans avec un bon début d’anxiété sociale, charmant). Elle dit aussi à toute la classe qu’il faudrait que j’arrête de « faire des grimaces » et quand je lui dit que je n’en fait pas (j’ai toujours aucune idée de ce qu’elle voulait dire), remarque sarcastique « ah bah c’est grave alors ». Merci de planter le décor pour le harcèlement scolaire madame. *soupir*

A côté, je réussis en anglais, parce que le prof encourage à participer et il est « positif » (même si j’avoue que dès le début, j’ai des facilités dans cette matière, comme en français).

Vous m’avez comprise.

La morale de l’histoire ? 

Quand un enfant est un peu différent, les adultes ont environ trois approches. Les deux premières sont malheureusement prédominantes. 

  • Essayer de le changer. Comme quand on m’empêchait de lire dans la cour et me forçait à aller jouer avec les autres (et visiblement c’était pas très efficace). Comme quand on croit qu’un enfant qui a l’air normal sera plus heureux. Et bien non, moi j’étais plus heureuse quand je pouvais citer toutes les planètes avec la maîtresse en maternelle, et quand je pouvais lire toute seule dans la cour. Evidemment il y a des enfants qui souffrent de la solitude. Mais… pourquoi ne pas leur demander ? Pourquoi on m’a pas demandé mon avis ? Et puis au final, je me suis bien débrouillée toute seule après, ça m’a juste pris un peu de temps.  Croyez moi, un enfant autiste qu’on empêchera de « hand-flapping »(agiter les mains) par exemple, il ne sera pas heureux, si on le prive d’une manière de réguler son environnement et de réduire son stress. Même s’il aura l’air « plus normal ».  Il faudrait jeter ce « moule » dans lequel on essaie de caser tous les enfants, et accepter qu’ils sont tous différents, certains un peu plus que d’autres. 
  • Punir et humilier. On ne se pose pas de questions. Si elle ne veut pas mettre son manteau, c’est qu’elle refuse juste d’obéir, pas qu’elle ne comprends pas comment l’enfiler toute seule. Si elle parle en classe sans lever la main et réponds à toutes mes questions en empêchant les autres enfants de parler, c’est qu’elle refuse les règles, pas qu’elle n’a juste pas intégré ces règles qu’il faudrait lui réexpliquer (j’étais en première section… j’ai encore fini dans le couloir). Elle fond en larmes au tableau ? On fait des remarques sarcastiques et on essaie pas de savoir pourquoi. Punir avant d’essayer de comprendre, pour que l’enfant rentre, encore « dans le moule ».  Si l’enfant fait quelque chose de « bizarre » au collège, le dire devant toute la classe. Après tout, c’est de sa faute s’il ne s’intègre pas (et on dit que les profs ne participent pas au harcèlement ?). 
  • Accepter et valoriser. Elle sait lire avant les autres ? Génial ! Elle est sensible ? C’est une qualité aussi. Accepter l’enfant comme il est, valoriser tous ces points forts et « atténuer » les erreurs. Ma prof de CE2 me disait que j’étais littéraire, et ça me rendait très fière et moins triste d’avoir du mal en maths. Au moindre problème, on essaie de comprendre. On valorise la différence qui est une richesse, l’individualité, l’originalité. On montre aux autres enfants que la différence, c’est chouette, c’est enrichissant. Enfin quoi, les enfants prennent exemple sur leurs professeurs… Trop peu d’enfants rentrent dans « le moule » de toute façon non ? Pour beaucoup c’est des efforts incessants. Et quand un enfant à une manière d’apprendre différente, on s’adapte. On fait assez d’efforts pour s’adapter à tout le monde, à leur manière d’apprendre, ce serait bien que les autres s’adaptent à nous eux aussi.

Voilà, je pense pas révolutionner l’éducation mais… Juste mon avis. Ce serait bien d’apprendre à ne pas juger au premier coup d’oeil.

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« Merci de me supporter pendant que je parle de choses dont tu te fiches » (à ma maîtresse de moyenne section 😉 et la plupart de mes proches en fait)