Tuyaux pour petites et grandes angoisses

On le sait tous, je suis assez stressée. On parle d’imprévus et de petites choses  ou alors de problèmes sensoriels (ici ou ici), ou encore de peurs sociales.

Après, c’est aussi parfois les deux ensemble, le stress entrainant la sensibilité ou inversement ! J’ai donné des conseils dans les articles concernés pour les problèmes sensoriels, aujourd’hui on va plutôt s’attaquer au vrai stress, à la peur, aux angoisses quoi.

Parlons peu parlons bien, je ne suis pas la mieux placée pour aider. J’ai eu de gros problèmes pour pouvoir gérer tout ça cette année, grande pratiquante des stratégies d’évitement pour ne pas avoir à faire face ! Ceci dit les crises d’angoisses arrivent quand même, par exemple quand j’avais beaucoup de devoirs et de travail et que juste travailler me semblait insurmontable — ou quand je devais aller dans un nouvel endroit, ou quand je faisais les courses (mais c’était souvent sensoriel aussi).

Alors les conseils qui suivent ne sont pas tous les miens, certains ont été glanés sur le net anglophones, certains testés tout de même. A essayer en situation de crise pour certains, ou avant pour d’autres.

  • Compter

L’angoisse monte, la respiration se coupe et les pensées partent dans tous les sens, je panique… Je m’arrète, et je commence à compter. Ca permet de se concentrer sur les nombres, et du coup les pensées partent moins en cacahuetes. Il y a aussi de nombreux exercices de relaxation ou il faut compter d’ailleurs, mais en respirant.. J’essaie de compter lentement et du coup de respirer en rythme mais ça ne marche pas toujours.

J’ai lu quelque part que de décrire les objets d’une pièce marche de la même façon.

  • Répéter des phrases dans sa tête

A un moment quand je n’arrivais pas à dormir et que j’avais du mal à respirer, je récitait un de mes monologues de théâtre dans ma tête. C’était magique, ça calmait tout de suite. Dans les moments de grosses angoisses, je me répète des phrases que j’aime bien, souvent celles qui ont une signification assez forte pour moi et qui me rassurent. Donc des phrases de game of thrones en fait :p. Le « Fear cuts deeper than swords » (La peur est plus tranchante qu’aucune épée) d’Arya m’est toujours très utile par exemple ! Ca a un peu la même fonction que de compter, mais en même temps ça me fait penser à des choses rassurantes et qui me donnent du courage. C’est un peu me dire « tu peux y arriver ».

Le seul truc c’est que mes situations anxiogènes sont beaucoup moins épiques que dans Game of thrones, donc je me retrouve au rayon fromage du supermarché en train de me répéter « Je suis la lionne de Casterly Rock ».

Sinon ça va bien.

Des fois je fais aussi semblant d’être un personnage qui est plus courageux que moi. Je me dit que si ce personnage n’a pas peur je devrais pas non plus !

  • S’occuper les mains

Bon alors ça dépend ce qu’on peut faire. C’est toujours à la mode les rainbow loom ? Parce que quand je suis stressée souvent je me fais des bracelets en elastique. C’est très répétitif, alors ça force à se concentrer sur le geste, et perso ça me calme.

Sinon je m’amuse a trier les elastiques par couleur. Ce genre de choses, donc, des gestes simples et répétitifs.

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Oui j’en ai fait beaucoup pendant un moment… Mais en plus j’aime bien les porter parce que je peux les triturer et jouer avec pendant la journée.

Sinon j’ai des jouets que j’emmène partout avec moi, c’est des objets familiers qu’on peut triturer pour se calmer, comme le tangle montré dans un article précédent, ou des choses comme ça (mais ceux qui sont tout petits, sinon c’est quand même pas très discret en société :D)

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Quand j’étais plus jeune c’était des « porte bonheurs », comme des petites peluches ou des portes-clés — des choses assez petites pour tenir dans une poche.

Je connais des gens qui font des coloriages, d’autres de la broderie — pour des dyspraxiques c’est un peu plus difficile de trouver une activité qui soit assez simple et pas frustrante. Le résultat n’est pas le plus important, mais bon le but ce n’est pas qu’on s’énerve dessus ! Des petits jeux sur internet peuvent remplir le même but, aussi, à condition de choisir quelque chose de calme et simple. A un moment je jouais à ça , c’est pour faire des dessins avec du sable !  (cliquer pour faire tomber le sable, cliquer sur le petit rond dans le coin pour changer la couleur)

  • S’isoler si c’est possible

Des fois c’est juste ce qu’il faut faire, s’isoler et écouter de la musique calme, j’ai des playlists exprès. Regarder un film, lire un livre, faire des choses pour se distraire. Souvent ça marche mieux pour les petits moments de stress par contre, pas quand c’est déjà parti trop loin. Prendre du temps pour soi.

  • Marcher et prendre l’air

C’est simple, c’est dit et redit et ça ne marche pas à tout les coups, mais parfois ça vaut le coup d’essayer.

  • Des sons agréables

J’ai des playlists de musique calme, mais j’ai aussi certains sons qui me calment. Ca dépends de chacun, mais j’aime particulièrement les sons de pluie — j’utilise rainymood assez souvent.

 

Voila voila, ma maigre contribution ! Après ce sont des petites choses, pour moi ça ne suffit pas toujours mais ça aide en attendant d’avoir un vrai traitement.

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Un cours de sport pas comme les autres

Le sport et moi, on a jamais été très amis. Il est dur d’apprécier le sport quand depuis petite, on est toujours, toujours, toujours bonne dernière dans n’importe quelle discipline*, quand on voit les autres faire tout si facilement alors que pour nous, tout est affreusement compliqué. Et c’est d’autant plus dur quand bien sûr, on a subi l’EPS au collège en tant que dys non diagnostiquée. On a de quoi faire en terme d’angoisse et de larmes : le sentiment d’être complètement à côté de son corps, les autres qui se moquent et qui te hurlent dessus en sport collectif, les profs qui râlent aussi, et bien sûr l’enfer de la constitution d’équipe où, bien sûr, on sera la dernière à attendre d’être choisie.

* (sauf peut être l’escalade. j’aimais bien.)

Et même avec un diagnostic, en fait. Les profs ne sont pas éduqués, et comme on a un handicap invisible, on a juste l’air de pas faire d’efforts. Je n’ai pas oublié la prof d’EPS que j’ai prévenue un jour, avec beaucoup de difficultés parce que je venais tout juste de recevoir un diagnostic… et qui m’a collé un 6/20 en volley alors que j’ai travaillé très dur tout au long du trimestre. Donc oui, je pourrais dire que comme beaucoup de dys ou aspergers, je suis traumatisée du sport.

Reste qu’il paraît que c’est bien. J’ai toujours été très très sceptique face au discours « le sport ça rapproche les gens et ça apprends la fraternité », parce que moi ce que ça m’a appris, c’est comment un groupe peut se monter contre la personne la plus faible et comment le fait de porter un survêtement est la parfaite excuse pour trouver tous les défauts physiques de l’autre. Je pense que les gens qui disent ça n’ont pas tout compris. Je pense aussi que forcer des ados qui n’ont PAS ENVIE de faire du sport, sans prendre en compte leurs différences, ça finit forcément mal.

Là ou j’essaie d’en venir, c’est qu’au début de l’année, j’ai tout de même décidé de prendre le pack sport pour avoir accès à des activités avec la fac. L’idée de base, c’était la natation. C’est bien, la natation, pas trop besoin de relations avec les autres, et a priori je suis plutôt à l’aise dans l’eau (j’adore nager), même si j’ai de grosses lacunes (en gros je ne sais nager que la brasse. En mode enclume.).

Et puis manque de chance, les heures ne me convenaient pas. J’ai pensé à trouver autre chose.

Du handisport.

« Le S.U.A.P.S vous propose des activités handisport (U.E.O,Bonifiant, Loisirs). Ces activités sont regroupées dans un cours spécifique, ouvert à tous, que vous soyez en situation de handicap ou non.
L’esprit en est résolument tourné vers la découverte de sports différents et l’échange tant physique qu’intellectuel entre les étudiants, au travers de pratiques mixtes.

La mixité est l’élément majeur recherché : c’est l’occasion d’une pratique entre camarades de promotion qui, sans matériel adapté, ne pourraient pas partager ces moments d’apprentissage, de plaisir et d’échange autour d’une activité sportive. »

Du sport adapté, on pourrait dire, non ? Et même si mon handicap n’est pas celui d’une personne en fauteuil, ou un handicap sensoriel (les handicaps cognitifs comme les troubles dys ne sont JAMAIS mentionnés dans les discours sur le handicap, malheureusement), c’en est toujours un, SURTOUT dans la pratique du sport. Les aménagements dont j’ai besoin sont plus psychologiques que matériels si je peux dire (explications claires, encouragements, voir que je fais des efforts par exemple). Je me dis en m’inscrivant à ce cours qu’en plus, je pourrais rencontrer d’autres personnes handicapées, quel que soit le handicap, ça pourra être chouette et intéressant. Je me surprends même à rêver de rencontrer d’autres dys.

OU PAS.

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*RETOURNEMENT DE SITUATION AVEC UNE MUSIQUE DRAMATIQUE EN FOND* 

Comment dire, j’arrive au cours toute contente bien qu’appréhendant, et la première chose que j’entends c’est « mais je crois qu’il y a que des valides dans le groupe cette fois. »

AH. Et moi, où est ce que je me situe ? Valide ? Pas valide ? A moitié valide ? Et puis tous ces élèves, je ne les connais pas, quand ils me voient, ils ne voient pas une personne handicapée. Je dis ? J’explique ? Je dis rien et reste considérée valide ? Et puis si je le dis, ils vont sûrement me dire que je n’ai pas un vrai handicap, de toute façon, non ? (très honnêtement, j’entends ça presque à chaque fois) Ou alors on va encore me sortir que je suis dyslexique (ça aussi, presque à chaque fois. Je devrais faire une liste de phrases en fait.)

C’est probablement ce qui me traverse l’esprit à chaque fois que je me demande si je dois en parler, à vrai dire. Et là c’est d’autant plus la panique, que c’est un cours de sport, et puis, là, je me sens un peu seule, du coup. Et je m’énerve un peu. C’est quand même un cours qui est censé mixer les valides et les handicapés, à la base, et je me retrouve toute seule, à devoir expliquer mon handicap invisible à des personnes qui vont pas forcément comprendre ! Ce n’est pas juste, je suis une minorité comme d’habitude..

Mais bon, je suis changée, j’ai réussi à échanger quelques mots avec mes collègues ce qui est plutôt magnifique vu ma panique et ma timidité, et c’est parti. Aujourd’hui et pour les 5 ou 6 séances à venir, c’est basket fauteuil. Du basket. Moi qui n’ai jamais réussi a dribbler ou à attraper un ballon, et qui déteste les sports d’équipe. Je flippe encore.

On doit aller chercher les fauteuils et mettre les roues dessus. Evidemment je suis un peu perdue et doit demander de l’aide plusieurs fois (« tu clippes la roue comme ça ! » hmmmm quoiiii ?). Une fois que c’est fait, on s’installe chacun dans un fauteuil, et puis le prof nous explique un peu deux trois petites choses, et on part faire des tours de gymnase ; en échangeant de fauteuil avec quelqu’un de temps en temps puisqu’ils sont tous différents. Que dire, il faut appréhender l’engin, mais globalement je trouve ça assez amusant, et tout le monde galère un peu. Un bémol sur ce fauteuil qui me faisait paniquer parce qu’il avait l’air de partir vers l’arrière parfois, malgré la roulette, me faisant pousser des cris d’écureuil paniqué (des. des cris aigus quoi. style « SQUIIIIIIH »)

Viens le temps de la présentation. Le prof qui se présente, et explique un peu plus le principe du cours. Découvrir que le handisport est autant un sport que les autres, et que les personnes handicapées sont autant des personnes que les valides si je peux dire (c’est pas évident pour tout le monde !), et toutes ces choses avec lesquelles je suis bien d’accord.  Le handisport pour les valides sert ici à leur faire comprendre, par le corps, dans quelle situation peut être une personne handicapée.  Et des choses comme le basket fauteuil qu’on a pratiqué ce jour là, je dois dire que ça marche aussi pour expliquer un peu la situation d’un dyspraxique. Je développerai ça plus tard. Chacun-e se présente et dit dans quoi il-elle étude, pourquoi il-elle est là. Je détonne en Arts du Spectacle, alors que tout le monde vient de psycho, droit ou carrières sociales.

« Et toi qu’est ce qui t’amènes ici ? »

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« …. B-Bon euh eh bien en fait j’ai un petit handicap qui s’appelle la dyspraxie, c’est pas exactement pareil que ce dont on parle, et, euh, ça m’a un peu amenée ici, euh voila »

Je m’attends au grand blanc, au « QU’EST CE QUE C’EEEEEST », à des questions, à tout, sauf à « oh okay » du prof et tout le monde qui réagit de la même manière, c’est cool, c’est normal. Et après, le prof m’inclut quand il parle du handicap, en tant que personne handicapée.

Je–

C’EST MAGNIFIQUE.

Donc déjà, j’ai le sourire, je panique beaucoup moins.

Et la suite du cours ? Soyons clair, c’est dur pour tout le monde. Certes, je suis un peu lente, mais au final je suis à peu près égale aux autres, et c’est bien la première fois. On fait des exercices, avec ou sans ballons, pour acquérir plusieurs réflexes (j’ai cassé quelques ongles à l’apprentissage du freinage), pour apprendre à ne pas se foncer dedans (plus dur que ça en a l’air !), etc. Tout au long, on est plutôt pas mal encouragés, jamais vraiment critiqués, plutôt conseillés. En ce qui concerne mes collègues, ils sont tous compréhensifs.  Bref, c’est cool, et c’est rigolo. Après, on a fait des matchs et je me suis franchement amusée, et on a beaucoup ri. ET LE PROF A JOUE. JE REPETE. LE PROF A JOUE AVEC NOUS AU LIEU DE RESTER DANS UN COIN A NOUS CRIER DESSUS. (oui j’ai de magnifiques souvenirs de mes profs de collège/lycée…)

C’est très, très rafraîchissant d’entendre un prof me dire « C’est bien ! » en SPORT, de me sentir encouragée. Je suis sérieuse. Je n’ai pas l’habitude, vraiment pas.

Et en fait, je trouve le basket fauteuil plus adapté pour moi que la discipline des valides. C’est tout bête : en fauteuil, je ne dois m’occuper que des mes bras, et de mon buste. Pas de mes jambes (même s’il faut vraiment que j’arrête de lever les fesses dès que je veux marquer un panier, ooouuh). Courir en faisant attention à plein d’autres choses, c’est dur. Utiliser mes bras et mes jambes en même temps, c’est dur.. N’utiliser que la partie haute du corps, ça me facilite un peu les choses.

Comme je l’ai dit, je pense que d’être un peu plus en situation d’égalité avec les autres aide bien aussi.

Et puis en fauteuil, on a plus d’espace personnel, je me soins moins menacée quand quelqu’un s’approche, on a une plus grande « bulle » autour de nous (ce qui amène quelques collisions aussi parce qu’on s’en rend un peu moins compte)

Quand après les matchs, on énumère les difficultés par rapport au basket valides, certaines me sont particulièrement amusantes. « C’est dur de faire des passes » : Je ne savais pas en faire debout non plus…  « c’est dur de marquer au panier » : ça ne change rien pour moi encore une fois.

Je ne suis donc pas en fauteuil, mais d’une certaine manière ça met quand même les autres en situation de dyspraxie : être perdu sur le terrain, ne pas savoir comment faire le mouvement qu’on veut faire (faire les virages en fauteuil est encore assez laborieux), devoir réfléchir tout le temps et rater la moitié de ses passes parce qu’on arrive plus à juger les distances… ça m’est très, très familier.

C’est donc très, très positif, c’est bien la première fois que je m’éclate en sport et que j’ai pas envie de pleurer parce que je n’y arrive pas, que je me sens intégrée, et écoutée. Je me suis vraiment amusée, j’ai bien ri, et je suis super fière de moi, même si je suis rentrée épuisée, avec les ongles en sang (les freinages…)

A la fin, on m’a posé des questions sur la dyspraxie, mais gentiment, sans m’agresser. Je suis en train de me dire que je ferai bien une petite « simulation dyspraxie » si j’avais le matériel d’ailleurs, un jour peut-être.

Ces prochaines semaines, on va continuer le basket, mais par la suite on va apprendre à connaître d’autre disciplines de handisport, pas forcément pour les handicaps moteurs d’ailleurs. J’en présenterai peut-être d’autres ici.

Le handisport c’est chouette !

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Indépendance..

Et voilà, ça fait bien deux semaines que je suis installée à Tours, dans mon nouveau petit chez moi.  L’adaptation n’a pas été sans péripéties, mais heureusement, je suis pleine de ressources (haha.) !

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On ne sait jamais.

Que dire, que dire, la première semaine était plutôt tranquille, les cours n’avaient pas commencé alors j’ai pu mettre à l’épreuve mon légendaire sens de l’orientation pour visiter la ville. Et en fait, elle est plutôt simple pour se repérer. Enfin, quand on ne sort pas du centre ville, j’imagine… Pour aller de la gare à la fac, il suffit de suivre le tram ! J’ai pu prendre mes marques, que ce soit dehors (bon, je me trompe encore de bus des fois et c’est la panique), ou dans l’appart’ (LA CUISINE).

J’ai l’avantage d’aimer la nourriture simple, alors bon je me débrouille (des pââââtes). On croise les doigts, je n’ai pas encore eu d’accidents (à part quelques fois ou je me suis un peu brûlé les doigts, mais ça.. une routine !)

Heureusement que je ne suis pas quelqu’un qui aime être sociable, parce que bon là, je connais personne. Je me débrouille, je fais ce que j’ai à faire, mais on peut pas dire que je sois au top niveau anxiété. DES INCONNUS. DES INCONNUS PARTOUT. DES ENDROITS NOUVEAUX PARTOUT. Je fais de gros efforts puisque j’ai réussi à passer un coup de téléphone cette semaine (je suis phobique du téléphone), mais j’ai encore du mal à rester calme quand je sors.. Heureusement que les casques à musique existent ! Je n’ai pas trop de repères ici alors forcément c’est plus difficile que dans la ville où je suis née, et ça s’en ressent. J’évite tous les regards et je marche en regardant mes pieds.. Heureusement, dès que je rentre à l’appartement ça va mieux, je pense qu’il est là, mon repère. C’est déjà tout décoré à mon goût, et c’est vraiment mon endroit.

Cette semaine j’ai aussi commencé les cours, et, comment dire… Je n’ai jamais vu un bâtiment de fac aussi compliqué. C’est à dire que ma fac à Dijon, c’est un bâtiment rectangulaire, donc l’emplacement des salles est juste linéaire, c’est tout bête (bon il y a le problème des extensions, mais le pire qu’on pouvait faire c’était de se tromper de côté). A Tours, c’est un bâtiment qui « s’enroule » autour d’une cour centrale d’après ma très mince compréhension. Avec pleins de couloirs, certains minuscules (pourquoiiii). Du coup je comprends pas trop la logique des salles et je passe mon temps à tourner ! Il y a aussi des escaliers partout qui ne mènent jamais au même endroit. C’est Poudlard… Le fonctionnement est également différent (celui de la photocopieuse est, à ce jour, toujours un mystère), donc je suis assez perdue et me contente de trouver mes salles et d’écouter en classe. C’est déjà pas mal !

Je n’ai eu que très peu de cours vu que c’est la première semaine, mais l’atelier théâtre en anglais (!!) était assez mouvementé. J’ai eu de gros problèmes de tension et de posture (en même temps, faire des exercices avec les inconnus de ma nouvelle classe, ça risquait d’être difficile !!). Le cauchemar des profs de théâtre 😀

« DÉTENDS TES ÉPAULES »

« DÉTENDS TES MAINS »

(vous venez de me demander de regarder mon partenaire dans les yeux je risque pas de me détendre)

(j’ai regardé son nez pendant tout l’exercice ;))

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Les mains « clignotants », disait le prof de théâtre.

Oh, et j’ai donc appelé le CRA. Mais il me faut une lettre d’un psychiatre avant d’avoir le moindre rendez-vous diagnostic, et je sais pas où aller. LET THE FUN BEGIN.

Les dys célèbres

Cet article est dans la continuité de celui sur les personnages de fiction dys [ici] !

Dans l’histoire ou bien aujourd’hui, on peut retrouver des dys connus, et je vais présenter ceux que je connais et à qui on peut s’identifier !

  • Daniel Radcliffe

Et oui, notre Harry Potter est dyspraxique ! Il n’en parle pas beaucoup, et c’est bien compréhensible, car après l’avoir mentionné, la presse a un peu dit n’importe quoi (« maladie mentale » « maladie du cerveau » ?? Vraiment ?) ou a un peu trop dramatisé tout ça  (« LE PAUVRE GARCON NE SAIT PAS ATTACHER SES LACETS !!!!!! » Euh oui enfin moi non plus et je m’en sors bien dans la vie). C’est très léger d’après lui, ces seules difficultés étant les fameux lacets et l’écriture. Il n’était pas très bon à l’école étant petit, alors il a essayé de jouer la comédie.. Avec le résultat qu’on connaît, bravo à lui.

Une chose à noter est qu’il a participé à une comédie musicale à Broadway, et cela nécessite énormément de danse. Il a travaillé très dur mais il a réussi !

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  • Florence Welch

Chanteuse de Florence + The Machine, un groupe anglais que j’aime énormément et qui a beaucoup de succès !

Howl, ma chanson préférée :). Leur univers musical est très riche et onirique !

Florence revendique les qualités qu’apporte la dyspraxie, « nous, les dyspraxiques, pensons différemment, et je pense que ça m’a aidée puisque je travaille dans l’industrie de la création » Elle a d’ailleurs rencontré des enfants dyspraxiques avant un concert en Irlande.

  • Jean Dujardin

Je crois que j’ai plus besoin de le présenter ce monsieur ! Petit, c’était un grand rêveur (j’ai l’impression qu’on a tous ça en commun), Jean de la Lune, maladroit, pas très bon à l’école et catastrophique en rugby. Mais pas malheureux grâce à son « petit monde » ! Je vous redirige vers ce très bon article du Monde, qui m’a soufflé l’idée [ici]

David Bailey, un photographe, serait également dyspraxique !

Passons aux personnages historiques, et attention, il y a de quoi être fier.

  • Einstein

Oui oui, cet Einstein là.

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Il oubliait régulièrement ses tables de multiplication (!!!), ne savait pas attacher ses lacets (on devrait faire un club), et a perdu plusieurs jobs à cause de sa mauvaise orthographe.. Quand je galère trop sur mes chaussures, je me dit que lui non plus n’y arrivait pas 😉

Et puis il a dit de belles choses, l’une étant particulièrement appropriée pour l’éducation et notamment celle des dys …

« Tous les gens sont des génies. Mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper un arbre, il va croire toute sa vie qu’il est stupide. »

  • Winston Churchill

Churchill avait un trouble du langage et certains pensent qu’il était aussi dyslexique. Cela n’a pas empêché de mener et protéger la Grande Bretagne pendant les bombardement de la Seconde Guerre Mondiale, restant à Londres pendant ceux-ci pour être proche des gens touchés. On peut visiter les « Churchill War rooms », des souterrains (bunker) à Londres qui abritaient le centre de commandement pendant cette guerre. J’y suis allée l’année dernière, c’était assez fascinant à voir. Churchill est aussi connu pour ses nombreux discours de guerre, mémorables.

Image(la salle des cartes !)

J’ai peu de détails, mais beaucoup d’écrivains sont également suspectés dys d’après wikipédia :  Emily Brontë, Charlotte Brontë, le poète Samuel Taylor Coleridge, G.K. Chesterton, Ernest Hemingway, Jack Kerouac, George Orwell (j’adore 1984 !).

La liste de dyslexiques célèbres peut-être aussi très longue puisque c’est plus connu, mais une personne que j’ai particulièrement retenu était Agatha Christie ! Etre dyslexique et écrivain est loin d’être incompatible !

C’est un article court comparé au précédent, parce que je ne peux pas aller aussi loin dans l’analyse qu’avec des personnes fictionnels, je prends les infos que je connais (ce que je veux dire, c’est que je ne peux pas m’amuser à diagnostiquer de vraies personnes, même si des fois je ne fais pas exprès..).

Ils nous prouvent tous une chose, tout de même : Etre dys n’est pas une limite, et si on veut vraiment quelque chose, on peut tous y arriver ! Etre dys est même une qualité, parce que penser différemment rend créatif !

L’enfant différent : l’accepter, le respecter

Petite section : J’ai deux ans et demi. Je ne sais pas m’habiller toute seule. La maîtresse m’assoit une heure et demi dans le couloir parce que j’ai « refusé » de mettre mon manteau seule. Cette histoire, on me l’a juste rapportée, je ne m’en souvient pas, mais après ça, je suis devenue muette (mutisme sélectif, à la maison j’étais une pipelette ;)). J’étais encore un bambin, je n’avais rien fait de mal, et c’est pas difficile de savoir que ce « refus » était plutôt une incapacité. Pendant toute ma petite section, je ne parle pas, le plus souvent je ne comprends pas ce qu’on me demande (bon, ça c’est un souvenir alors je suis pas sûre) ou ce que je fais là, je joue toute seule et ça ne me dérange pas plus que ça. 

Moyenne section (puis grande section) : Nouvelle prof. Rapidement, elle s’étonne. On lui avait dit que je ne parlais pas, mais elle a plutôt du mal à me faire taire ! Et forcément. Dans un environnement ou on me valorise et m’accepte plutôt que de me punir , où l’on me laisse parler d’Afrique et d’espace et de mes « obsessions » avec la maîtresse même si ce serait mieux que je socialise avec les enfants, je suis mieux et plus épanouie. C’est aussi simple que ça. 

CP/CE1 : Je passe beaucoup de mes récréations à lire. La maîtresse vient me chercher quand je suis toute seule dans un coin de la cour avec mon journal de Mickey et me demande d’aller jouer avec les autres enfants. Je ne comprends pas ce que je fais de mal. J’erre dans la cour à la recherche d’un groupe avec qui « jouer » même si je préférerais vraiment finir mon chapitre sur Donald. Jouer au loup, c’est pas drôle parce que je ne cours pas assez vite. La marelle, les autres changent les règles pour tricher et ça m’énerve, et je n’ose pas leur dire. Les autres jeux, on me donne toujours les mauvais rôles. 

N’empêche qu’au bout d’un moment, je me fais une amie de moi-même, et on reste que toute les deux, tout le temps. En CE2, c’est elle qui me fait jouer avec d’autres enfants, mais pas tout le temps, des fois, on aime bien être juste ensemble. C’est une amitié qui m’apportera beaucoup et durera jusqu’à la 6ème. 

CE2,CM1,CM2 : On me valorise. Savoir lire n’est plus un problème, et on me laisse socialiser comme je l’entends, ce qui est beaucoup moins stressant… J’aime plus l’école et j’aime les récréations. Je suis par contre toujours la dernière à sortir de classe quand on va faire du sport dehors (beuuuh)

6ème : La prof de maths m’envoie au tableau. J’ai fait l’exercice, j’ai même eu juste, mais en la voyant attendre, en voyant toute la classe me regarder, je fonds en larmes et finit à l’infirmerie parce qu’en plus, je saignait du nez (sympa pour la fille qui ne veut pas se faire remarquer…)
Plus tard, cette prof dira à ma mère que j’étais « pire qu’une fontaine ». (sympa, pour une petite de 11 ans avec un bon début d’anxiété sociale, charmant). Elle dit aussi à toute la classe qu’il faudrait que j’arrête de « faire des grimaces » et quand je lui dit que je n’en fait pas (j’ai toujours aucune idée de ce qu’elle voulait dire), remarque sarcastique « ah bah c’est grave alors ». Merci de planter le décor pour le harcèlement scolaire madame. *soupir*

A côté, je réussis en anglais, parce que le prof encourage à participer et il est « positif » (même si j’avoue que dès le début, j’ai des facilités dans cette matière, comme en français).

Vous m’avez comprise.

La morale de l’histoire ? 

Quand un enfant est un peu différent, les adultes ont environ trois approches. Les deux premières sont malheureusement prédominantes. 

  • Essayer de le changer. Comme quand on m’empêchait de lire dans la cour et me forçait à aller jouer avec les autres (et visiblement c’était pas très efficace). Comme quand on croit qu’un enfant qui a l’air normal sera plus heureux. Et bien non, moi j’étais plus heureuse quand je pouvais citer toutes les planètes avec la maîtresse en maternelle, et quand je pouvais lire toute seule dans la cour. Evidemment il y a des enfants qui souffrent de la solitude. Mais… pourquoi ne pas leur demander ? Pourquoi on m’a pas demandé mon avis ? Et puis au final, je me suis bien débrouillée toute seule après, ça m’a juste pris un peu de temps.  Croyez moi, un enfant autiste qu’on empêchera de « hand-flapping »(agiter les mains) par exemple, il ne sera pas heureux, si on le prive d’une manière de réguler son environnement et de réduire son stress. Même s’il aura l’air « plus normal ».  Il faudrait jeter ce « moule » dans lequel on essaie de caser tous les enfants, et accepter qu’ils sont tous différents, certains un peu plus que d’autres. 
  • Punir et humilier. On ne se pose pas de questions. Si elle ne veut pas mettre son manteau, c’est qu’elle refuse juste d’obéir, pas qu’elle ne comprends pas comment l’enfiler toute seule. Si elle parle en classe sans lever la main et réponds à toutes mes questions en empêchant les autres enfants de parler, c’est qu’elle refuse les règles, pas qu’elle n’a juste pas intégré ces règles qu’il faudrait lui réexpliquer (j’étais en première section… j’ai encore fini dans le couloir). Elle fond en larmes au tableau ? On fait des remarques sarcastiques et on essaie pas de savoir pourquoi. Punir avant d’essayer de comprendre, pour que l’enfant rentre, encore « dans le moule ».  Si l’enfant fait quelque chose de « bizarre » au collège, le dire devant toute la classe. Après tout, c’est de sa faute s’il ne s’intègre pas (et on dit que les profs ne participent pas au harcèlement ?). 
  • Accepter et valoriser. Elle sait lire avant les autres ? Génial ! Elle est sensible ? C’est une qualité aussi. Accepter l’enfant comme il est, valoriser tous ces points forts et « atténuer » les erreurs. Ma prof de CE2 me disait que j’étais littéraire, et ça me rendait très fière et moins triste d’avoir du mal en maths. Au moindre problème, on essaie de comprendre. On valorise la différence qui est une richesse, l’individualité, l’originalité. On montre aux autres enfants que la différence, c’est chouette, c’est enrichissant. Enfin quoi, les enfants prennent exemple sur leurs professeurs… Trop peu d’enfants rentrent dans « le moule » de toute façon non ? Pour beaucoup c’est des efforts incessants. Et quand un enfant à une manière d’apprendre différente, on s’adapte. On fait assez d’efforts pour s’adapter à tout le monde, à leur manière d’apprendre, ce serait bien que les autres s’adaptent à nous eux aussi.

Voilà, je pense pas révolutionner l’éducation mais… Juste mon avis. Ce serait bien d’apprendre à ne pas juger au premier coup d’oeil.

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« Merci de me supporter pendant que je parle de choses dont tu te fiches » (à ma maîtresse de moyenne section 😉 et la plupart de mes proches en fait)

Les troubles des apprentissages dans les médias

Ça vous est jamais arrivé de vous dire en regardant une série, un film, ou en lisant un livre de vous dire : « ah, ce personnage a l’air dyspraxique ! »(ou aspergers, ou dyslexique…). Parce que personnellement je passe ma vie à faire ce genre de théorie. Bon, il faut dire qu’en ce qui concerne les livres et les séries que j’aime je suis une grande théoricienne, j’adore analyser tout tout TOUT. Je trouve pas les choses intéressantes si elles sont pas complexes !

C’est toujours réconfortant de se trouver des « modèles », des personnages dyspraxiques, ou dyslexiques (ou autres) qui réussissent et surtout à qui on va s’identifier. Alors faisons un petit tour des neuroatypiques de mes séries et livres préférés. Un article plus joyeux que d’habitude. Ah et j’espère que vous aimez Harry Potter…

  • Neville Londubat (Harry Potter)

Pour moi c’est le plus évident. Neville a du mal en cours, il est maladroit, catastrophique sur son balai, il passe aussi son temps à oublier des choses et parfois se retrouve coincé devant la salle commune parce qu’il a oublié le mot de passe.. Il est également très très mauvais en potions parce qu’il met les ingrédients dans le mauvais ordre, les dose mal ou renverse des choses (ça me rappelle mes TDs de chimie..). Oh, et il casse des choses 🙂

« […], Ah et vous, ajouta-t-elle en prenant Neville par le bras pour le faire lever, quand vous aurez cassé votre première tasse, j’aimerais bien que vous en preniez une bleue. Je tiens beaucoup aux rosées.

Et en effet, peine Neville s’était-il approché de l’étagère aux tasses qu’il y eut un bruit de porcelaine brisée. Le professeur Trelawney se précipita avec une pelle et une balayette.

– Alors, maintenant, une bleue, si ça ne vous ennuie pas… Merci… »

Il a aussi le côté obsessionnel, il a un grand talent pour la botanique, passe son temps à l’étudier et en parle souvent (même quand Harry s’en fiche..).

Mais Neville n’est pas un « loser », il n’est pas lâche, en fait plusieurs fois il fait preuve de courage et fait partie de l’AD, et se bat contre les Mangemorts au côté de Harry et les autres. Dans le dernier tome, c’est une figure de résistant, il doit se cacher au sein du chateau dirigé par les mangemorts, et il est blessé pour avoir refusé de lancer un sortilège de torture. Et au final il se révèle être un personnage clé de l’histoire puisqu’il est très lié à Harry Potter (selon la prophétie le garçon qui a survécu aurait pu être Neville. Comme Harry, c’est d’ailleurs presque un orphelin puisque ses parents ont été réduits à l’état de légumes par les Mangemorts) et IL TUE LE SERPENT DE VOLDEMORT. Dans une scène absolument héroïque et épique.

Neville Londubat est mon héros et c’est mon personnage préféré (avec Luna Lovegood) de la saga Harry Potter. Il m’a montré que la bravoure a pleins de formes différentes et qu’être maladroit n’empêche pas d’être héroique !

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  • Nymphadora Tonks (Harry Potter)

Tonks apparaît assez tard dans les livres, c’est une Auror qui fait partie de l’Ordre du Phénix. Une combattante des forces du mal donc, ce qui déjà, est assez classe. Et puis elle vient de Poufsouffle, la maison de ceux qui accordent une plus grande valeur à l’amitié et au travail, les Poufsouffle sont très loyaux et vivent en harmonie (ils n’aiment pas le conflit), c’est pourquoi c’est ma maison préférée 🙂

On ne la voit pas aussi souvent que Neville mais elle reste un personnage important et très apprécié. Elle est métamorphomage, ce qui veut dire qu’elle peut changer son apparence à volonté, par la magie. Fréquemment, on la voit faire tomber des choses (un porte manteau.. ) dans les quartiers de l’ordre du Phénix.

« Ses capacités de Métamorphomage l’ont avantagée à son examen d’Auror : « J’ai eu les notes maximum en classe de dissimulation et déguisement. (…) Et sans avoir besoin d’étudier. C’était parfait ». Cependant elle est très maladroite, ce qui lui a posé problème pour l’épreuve de filature. » (page wikia)

Tonks montre moins de « signes » mais la plupart des fans dyspraxiques que je connait la lisent dys aussi. Vu qu’elle est très attachante, fun et forte je n’y voit pas d’objection !

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  • Luna Lovegood (Hary Potter)

Okay, Luna n’est pas dyspraxique et je ne suis même pas sûre qu’elle soit neuroatypique (même si je pense qu’elle pourrait être un peu précoce), mais une chose est sûre : Luna est différente des autres. Elle est assez solitaire quand on la rencontre et les autres élèves la trouvent étrange, l’appellent « Loufoca » et elle subit quelques persécutions (on lui cache ses chaussures..). Pourtant, jamais Luna ne se plaint. Elle prend toujours les choses avec philosophie et sagesse, parce qu’elle sait que « les gens ont peur de ce qui est différent ». Luna a ses propres croyances, et elle semble vivre dans un monde différent des autres parfois mais jamais elle ne change ce qu’elle est pour s’intégrer. Et ça, chez un personnage de 15 ans, je trouve ça très très fort.

Quand au début Luna semble juste être « folle », elle se révèle être un des personnages les plus sages du bouquin, c’est elle qui comprends le mieux les autres et ce qu’il se passe autour d’elle. Elle dit à Harry : « Si j’étais Voldemort, je m’arrangerai pour que tu te sentes tout seul, parce qu’alors, tu ne seras plus aussi effrayant » (c’est sorti de tête alors c’est pas exact du tout ^^)

Au final Luna se trouve de vrais amis, avec Neville, Harry, Hermione et tous les autres, et c’est une amie sincère, loyale qui ne change jamais sa façon d’être pour plaire aux autres.

Je me suis beaucoup identifié à Luna parce qu’on disait que j’étais folle moi aussi, et elle m’a appris que je pourrais moi aussi me trouver des amis proches et sincères si j’étais patiente, et si je restais moi-même. Que ce n’était pas grave d’être « bizarre » et qu’un jour, ça fera ma richesse. Que peut-être même un jour les gens m’aimeront pour cette différence.

Merci Luna, merci JK Rowling aussi.

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  • Jaime Lannister (Game of Thrones)

On passe à une toute autre série. Jaime Lannister, celui qu’avec ma mère on appelle « le prince charmant » (il a la même coupe que celui de Shrek). En regardant la saison 2 un certain discours de son père, Tywin, m’a fait sourire. A ce moment là, il parle avec Arya, s’étonnant qu’elle sache lire puisqu’elle est censée être de naissance populaire (Arya cache son identité à ce moment là).

Il raconte à quel point Jaime avait du mal à apprendre à lire et qu’il a du le tutorer quatre heures par jour pour qu’il puisse enfin y arriver. Ce fut douloureux et difficile mais maintenant Jaime est content de savoir lire !

Jaime Lannister semble vraiment être dyslexique et j’aime bien avoir des personnages neuroatypiques dans une série de fantasy « médiévale ». Ça montre bien que les troubles des apprentissages ne sont pas des inventions du 21ème siècle ^^

Certaines personnes pensent aussi qu’il aurait une forme d’Asperger, mais ces personnes ont lu tous les livres et moi pas encore, je ne peux donc pas me prononcer mais je trouve ça intéressant !

(pardon pour l’image, pas pu résister)

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(source : http://fygot.tumblr.com/post/6578359743)

 

  • Le Onzième Docteur (Docteur Who)

Bon alors honnêtement, je n’ai pas grand chose à dire à part que le Docteur a tendance à se casser la figure un peu partout, a une personnalité assez maladroite en général.

… Mais je suis assez convaincue que ça ne vient pas du personnage mais de l’acteur qui le joue. Matt Smith a toujours fait très dyspraxique pour moi :p. Ceci dit le personnage du Docteur me semble un peu hyperactif aussi, alors pourquoi pas ? Et puis il voyage dans le temps et sauve le monde alors je veux bien !

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(« ce hamac est défectueux » mais oui mais oui)

  • Annie Cresta (The Hunger Games) (attention si vous avez pas lu les livres vous allez vous faire spoiler – révéler la suite quoi-)

C’est une théorie assez personnelle, parce que tout d’abord Annie n’est pas tellement présente dans les livres. Mais il est dit qu’Annie est considérée comme « folle ». En même temps, c’est Katniss qui dit ça, et Katniss ne connaît pas d’autres termes pour décrire un comportement qui sort de la norme. Annie a quelques comportements que je trouve « autiste », elle a souvent l’air loin et ailleurs, elle se bouche souvent les oreilles quand un son la dérange et elle semble voir ou percevoir des choses que personne ne voit (différences de perceptions). Après il est clair qu’Annie, après les jeux est atteinte d’une forme assez grave de syndrome post traumatique, comme tous les autres d’ailleurs, mais ça ne suffit pas à tout expliquer.

En prenant comme hypothèse le fait qu’elle aurait été autiste dès le début (et je pense que ça ne se voyait pas nécessairement avant mais que le traumatisme a aggravé ses symptômes), on peut avoir une pensée terrifiante. Etant donné qu’un gouvernement de dictature est très très enclin à être eugéniste, et que les Hunger Games sont destinés à éliminer les enfants qui sont un gâchis de ressources pour le Capitol (la tesserae donnée aux familles qui ne peuvent pas se nourrir seules les rends plus enclins à finir aux jeux), et si Annie avait été envoyée exprès dans les jeux pour se débarrasser d’elle, à cause de son autisme et de sa différence?  Ça soulève beaucoup de questions sur l’éthique n’est ce pas ? Ça choque ! Pourtant c’est A CE POINT que le gouvernement de Panem est oppressif et je pense que ça fait réfléchir. Bien, pour une dystopie.

Bien sûr ce n’est qu’une hypothèse mais je trouve ça intéressant à explorer. Certains pense qu’elle aurait plutôt une maladie mentale, ce qui n’est pas inintéressant à explorer non plus.

Annie est un personnage « mineur », et pourtant c’est l’un de mes préférés pour sa force. C’est une battante et une survivante.

  • Liberty Van Zandt (Degrassi la nouvelle génération)

Je regarde cette série depuis que j’ai 12 ans (parce que oui oui je regarde toujours, je sais, je sais…). Dans les premières saisons, Liberty, une « première de la classe » qui accorde beaucoup beaucoup d’importance à son travail scolaire doit prendre des leçons de tutorat avec un prof de maths. Je vous passe l’histoire des rumeurs qui a suivi parce qu’on s’en fiche, mais à la fin elle découvre qu’elle est dyscalculique. Bon, on en entends plus jamais parler après parce que malheureusement Degrassi marche comme ça, mais c’était quand même chouette. Surtout qu’ils montraient bien que ça voulait pas dire qu’on était bête.

Cet épisode, c’était la première fois que j’entendais parler de la dyscalculie, j’avais treize ans. J’ai pas osé me dire que je pourrais avoir ça ceci dit à l’époque, dommage..

Degrassi fait un bon boulot avec les troubles des apprentissages, déjà dans la première série (les années collège/lycée en France ^^), Joey Jeremiah se fait diagnostiquer une dysgraphie. Dans la nouvelle génération on a aussi Anya qui est dyslexique et Connor a aspergers (même si je n’aime pas trop comment ils représentent le trouble là pour le coup). Il a aussi un petit groupe de personnages « précoces » (ils sont dans la « classe des surdoués » comme ils disent)

 

  • Pour finir, des suggestions en vrac
  • Sherlock (BBC Sherlock) est un adulte à haut QI et beaucoup le lisent comme Aspergers
  • Sheldon Cooper (The Big bang theory) : Aspergers
  • Merlin (BBC Merlin), selon une amie, aurait l’air dyspraxique :p
  • Bella Swan, malgré tout le désamour que j’ai pour twilight, ferait dyspraxique aussi
  • … Dory dans le monde de Némo est amnésique, je pense que ça compte :p
  • JJ de Skins a Aspergers (là encore c’est dit dans la série)
  • Ryder et Sam, dans Glee, sont dyslexiques (Ryder a d’ailleurs une très belle tirade quand il vient de se faire diagnostiquer), et je pense que Brittany l’est aussi (et hyperactive aussi)

Voilà, peut être que j’en trouverais d’autres plus tard mais en attendant vous pouvez faire des suggestions dans les commentaires !

Et la prochaine fois on pourra parler des personnages historiques. (Churchill ! Einstein ! oui oui !)

« Par la fenêtre » nous explique les problèmes sensoriels

Tenu par une personne autiste, ce tumblr présente des petites BDs qui expliquent très bien ce qu’on ressent quand on est autiste. Et comme certaines choses se retrouvent aussi dans la dyspraxie, j’ai pensé en traduire quelques unes avec son accord 🙂 .

http://par-la-fenetre.tumblr.com/post/46268174276/well-here-it-goes-third-part-of-my-serie-about

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Le cerveau humain ne s’arrête jamais de changer.

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L’une des premières choses qu’il apprend est de filtrer les données sensorielles pour se concentrer sur ce qui est important.

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Le cerveau autiste ne peux pas filtrer. On appelle ça le trouble d’intégration sensorielle. (note : trouble qui peux donc aussi toucher les dyspraxiques, mais aussi les personnes atteintes de TDAH et/ou d’autres troubles d’apprentissage. L’intensité diffère selon la personne, il me semble que c’est effectivement plus fort chez une personne autiste mais je compare à ma propre expérience.)

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Des difficultés ou une impossibilité à filtrer les données sensorielles correctement peut créer des problèmes de développement.

(bébé en bleu : *mots qui ne veulent rien dire*

bébé en jaune : « manger ! »)

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On appelle « surcharges sensorielles » l’état de panique qui nous rend incapable de « fonctionner » correctement.

(Quand tout est trop fort ça peut vite devenir terrible effectivement :(. Je peux gérer si j’ai des pauses souvent, mais si je suis un peu fatiguée à la base, au bout d’un moment je deviens énervée et mal, jusqu’à fondre en larmes parfois.

Sinon des fois je gère mais ça me demande beaucoup d’efforts et je dois passer le lendemain seule au calme à la maison parce que je suis épuisée. Enfin la preuve, hier j’ai passé la soirée à faire du bénévolat et ça s’est super bien passé, mais j’ai dormi douze heures cette nuit tellement j’étais épuisée !)

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Cela ne disparaît pas miraculeusement à l’age adulte (si seulement)

( en bleu : « As-tu passé une bonne journée ? »

en orange : « Oui, merci ! » )

Et comme ça fait un tout petit article, j’en traduirait probablement une autre demain ou même plus tard dans la soirée 😉